ON doit l’organisation du colloque à l’adjoint aux sports Philippe Granorolo, prof de philo promu au rang de "Philosophe" dans le prospectus. Il invite un de ses copains de Dumont d’Urville [1], Patrice Pourtal, à parler de « la fin de l’empire soviétique ». Comme celui-là enseigne l’histoire-géo, on le qualifiera d’"Historien". Ça fait tout de suite plus sérieux.
Entre autres intervenants, Jean Sévillia, rédacteur en chef adjoint du Figaro-Magazine et Vladimir Volkoff, célèbre écrivain de la bibliothèque verte, ont fait le déplacement en terre varoise.
Cuverville n’a malheureusement pas pu assister aux conférences (on a un mot du docteur). Par contre, nous pouvons vous proposer quelques fragments de l’exposition « L’autre barbarie du XXe siècle : le communisme », inaugurée le 10 novembre 2004 dans le hall Dieudonné Jacobs du centre culturel Gérard Philipe. Que le lecteur nous pardonne les commentaires subjectifs afférents.

Comptabilité et parcours touristique mis à part, l’expo développe les quatre points suivants : présentation du communisme ; comparaison du communisme et du nazisme ; célébration des esprits libres (c’est-à-dire plutôt de droite) qui ont su résister à l’aveuglement bolchevique et par opposition, condamnation de l’intelligentsia française sovietophile. On terminera sur un réquisitoire.
Présentation du communisme, doctrine révolutionnaire.
« Le système communiste comporte, quoique à des degrés divers, une dimension fondamentalement criminelle ». Alors, cette doctrine ? « Dès l’origine le marxisme-léninisme fut une doctrine sanguinaire ne reculant devant rien pour parvenir à ses fins ». C’est toujours ça d’envoyé à ceux qui croyaient pouvoir limiter la barbarie rouge à la période stalinienne, mais la doctrine ? L’idéologie ? « [Il faut dénoncer] le caractère essentiellement pervers de l’idéologie marxiste-léniniste ». Bon. Il doit bien y avoir quelque part des extraits de l’oeuvre de Marx, par exemple, pour que le visiteur puisse juger sur pièce et mesurer la dangerosité de l’idéologie ?
Non. Dans une vitrine, juste une édition de poche à peine jaunie de La barbarie à visage humain de BHL, philosophe autrement plus marquant.
Et sur les panneaux, des citations d’auteurs reconnus, voire même académiciens : « comme le démontre François Furet, les complicités entre le socialisme et la pensée antilibérale et antidémocratique remontent à la Révolution française ». Tiens, un subtil rapprochement entre révolutions russe et française... Veut-on stimuler certaines connexions neuronales ? En tout cas, force est de constater que « la sinistre addition » ne fait pas référence au génocide vendéen cher à certains ultra-réacs. C’est sans doute ce qui distingue une expo montée par un philosophe sportif d’une expo montée par un ultra-réac.

Communisme et nazisme : kif kif bourricot.
« Staline a précédé Hitler. » « Dire non au tabou de la comparaison. » « D’évidentes proximités ». « Un même culte de la violence » : « en 1931, le Komintern publia en plusieurs langues un livre intitulé L’insurrection armée [...] cette pratique quotidienne de la haine des classe, cette théorisation de la guerre civile et de la terreur trouvèrent leur application dès 1936 en Espagne où le Komintern envoya beaucoup de ses cadres qui se distinguèrent dans les services de répression communiste ». Heureusement, un vengeur costumé signant d’un F qui veut dire Franco reprit rapidement les affaires ibériques en main pour le plus grand bonheur du peuple jusque dans les années soixante-dix. Olé.
N’oublions pas « le pacte germano-soviétique (1939-1941) ». Enumérons « les hommages répétés d’Hitler à Staline ». Soyons formels : « c’est à un véritable partage de l’Europe que les deux systèmes totalitaires entendaient se livrer. Seule la folie expansionniste d’Hitler, envahissant l’Union soviétique le 22 juin 1941, mit un terme à une entente qui aurait pu se poursuivre fort longtemps. » Si ma tante avait une petite moustache, on l’appellerait Adolf.
« Hommage aux hommes lucides qui ont su résister au terrorisme intellectuel ».
Une dizaine de biographies dont celle d’Arthur Koestler, Georges Orwell, Gustave Gautherot ou Soljenitsyne. Et aussi Hergé. Notons qu’il fallait être particulièrement lucide pour soutenir la pensée rexiste en Belgique [2] avant la seconde guerre mondiale, devenir collaborateur pendant, et envisager la fuite en Argentine après.

Autre nom cité parmi les héros de l’anticommunisme : Francis Bergeron, fondateur de l’Association pour la Russie libre, aussi connu pour ses articles dans le journal ultra-catho Présent et ses candidatures sous le label FN [3].
A l’autre bout du spectre, « les professionnels de la Haine » qui faisaient de cette dernière « leur raison de vivre ». « Parmi les innombrables clones français de la Tcheka spécialisés dans l’appel au meurtre, deux méritent une attention particulière pour avoir particulièrement (sic) hurlé avec les loups : Louis Aragon et Jean-Paul Sartre » [4].

Tout ça pour dire que militer au parti communiste, c’est pas joli-joli.
« Peut-on continuer à qualifier de "généreuses" les intentions du communisme en rejetant sur les aléas de l’histoire les crimes qu’une idéologie soi-disant humaniste n’avait pas prévus ? NON ! NON ! NON ! » Exigeons un « Nuremberg du communisme » [5] ! Que Georges Marchais et Maurice Delplace paient pour leurs crimes !

Jean-Louis Masson a déjà vengé l’honneur familial en boutant Yvon Robert hors de l’Hôtel de ville de la Garde (2001). Son propre père fut jadis maire de la même cité, avant que Maurice « Momo le rouge » Delplace ne récupère la mairie la faucille entre les dents. Et conflit de génération oblige, Yvonne Chabot-Delplace, fille de Momo, trône aujourd’hui aux côtés de Masson : elle est adjointe à l’environnement. Tuons le maire, tuons le père ! Et Freud, dans tout ça ?
A la veille des élections de 2001, quand Masson se préparait à affronter Yvon Robert (héritier politique et successeur de Maurice Delplace), une section gardéenne de la Ligue des Droits de l’Homme vit le jour. A l’initiative de cette création : la soeur de Jean-Louis Masson. Celui-ci prit sa carte, mais on la refusa à Yvon Robert. La section, domiciliée à l’Hôtel de ville, est aujourd’hui très mollement dirigée par l’époux de Yvonne Chabot-Delplace.
Un élève royaliste de François Furet, l’académicien qui fut une plume du Nouvel Observateur (hebdomadaire proche du PS) et dont la pensée sert de pierre angulaire à l’expo proposée par la mairie de la Garde, prétend avoir entendu de la bouche de son maître les mots suivants : « Si j’écris dans le Nouvel Obs, c’est pour qu’à gauche, on ne me traite pas de fasciste... »
Et si Jean-Louis Masson brandit sa carte de militant de la LDH, c’est dans quel but ?
[1] Lycée toulonnais.
[2] Le Parti rexiste de Léon Degrelle en Belgique est l’équivalent du PPF (Parti Populaire Français) de Jacques Doriot en France. Extrémistes engagés totalement auprès des nazis. Antidémocrates et anticommunistes.
[3] In Les droites nationales et radicales en France, Jean-Yves Camus et René Monzat, PUL 1992.
[4] Tcheka : police politique de la Russie soviétique (1917-1922).
[5] Nuremberg (Bavière) fut le siège du procès des grands criminels de guerre nazis (1945-1946).