S’il ne devait rester qu’une agglomération à contenir la poussée bolchevique, ce serait celle-là : TPM. Toulon Provence Méditerranée, terre d’asile pour les familles fuyant la révolution dans leur 4x4 climatisé. Ici, même les mémés indigentes votent UMP.
ONZE communes composent l’agglomération. Sept d’entres elles ont vu leur maire sarkozyste reconduit au premier tour, avec des scores n’ayant rien à envier à celui de Dmitri Medvedev quand il fut démocratiquement élu Président de toutes les Russies.
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Nombre d’inscrits |
Abstention + blancs ou nuls |
Suffrages obtenus (voix) |
Suffrages obtenus (rapport aux exprimés) |
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Carqueiranne |
Marc Giraud |
8.466 |
38,9 % |
3.517 |
68 % |
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La Garde |
Jean-Louis Masson |
18.231 |
33,07 % |
6.393 |
52,4 % |
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La Valette |
Christiane Hummel |
16.193 |
40,44 % |
6.676 |
69,22 % |
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Le Revest |
Ange Musso |
2.973 |
28,79 % |
1.294 |
61,12 % |
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Ollioules |
Robert Beneventi |
9.251 |
40,04 % |
4.150 |
74,83 % |
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Saint Mandrier |
Gilles Vincent |
4.350 |
35,98 % |
1.507 |
54,11 % |
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Toulon |
Hubert Falco |
107.594 |
46,46 % |
37.557 |
65,2 % |
Le résultat concernant Toulon mérite qu’on s’y arrête.
107.594 inscrits ; 58.812 votants ; 57.605 suffrages exprimés : le taux d’abstention est donc de 46,46% pour un réservoir de 49.989 voix : il y a davantage de Toulonnais ayant boudé les urnes dimanche (ou refusé les candidats) qu’il n’y a d’inscrits sur les listes de La Valette, Saint-Mandrier, Ollioules et La Garde réunies.
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Nombre de voix |
Rapport aux suffrages exprimés |
Rapport aux inscrits |
Sièges obtenus |
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Hubert Falco |
UMP |
37.557 |
65,2 % |
34,9 % |
53 |
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Robert Alfonsi |
PS |
8.125 |
14,1 % |
7,55 % |
4 |
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Jean-Louis Bouguereau |
FN |
3.774 |
6,55 % |
3,5 % |
2 |
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Bruno Ravaz |
MoDem |
2.513 |
4,36 % |
2,33 % |
0 |
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André de Ubeda |
PC et gauche alter (moins la LCR) |
2.477 |
4,3 % |
2,3 % |
0 |
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Philippe Chesneau |
Verts |
1.398 |
2,43 % |
1,3 % |
0 |
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Michel Pizzole |
écolos de droite |
957 |
1,66 % |
0,89 % |
0 |
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Fahïma Laïdoudi |
LCR |
804 |
1,4 % |
0,75 % |
0 |
Par courtoiserie nous éviterons de parler des Verts. Évoquer la stratégie électorale des Verts fait ricaner les vieux et pleurer les enfants (il paraît que même les Verts en rigolent entre eux. C’est vrai que c’est drôle, les enjeux écologiques, tout ça).
Le Front national remercie la candidate de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Sa volonté d’indépendance empêche la gauche de la gauche d’entrer au Conseil municipal (en cumulant les voix d’André de Ubeda et Fahïma Laïdoudi, on dépasse en effet les 5% qui font office de plancher). D’ailleurs, il était temps que le FN reprenne la parole dans la salle André Seguin, ils nous ont tellement manqué.
Le bilan du parti socialiste n’est pas nul
Robert Alfonsi semblait content devant les caméras de FR3 au soir du premier tour, actant avec le sourire une défaite qu’il avait intégrée depuis de longs mois — pour ne pas dire de longues années.
Car Robert s’inscrit dans l’avenir.
En fait, depuis qu’il préside aux destinées du PS local, Robert attend le futur. Soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
Le bilan du parti socialiste toulonnais n’est pas nul. Quand un bilan est nul, cela signifie qu’il y a autant à compter après qu’avant. Odette Casanova, candidate en 2001, avait totalisé 14.071 voix. Alfonsi n’en fait plus que 8.125 sept ans plus tard (même en ajoutant les 1.398 bulletins de Chesneau, le compte n’y est pas). Malgré le vent mauvais soufflant pour l’UMP ces temps-ci, la gauche institutionnelle toulonnaise perd 5 des 9 places dont elle disposait au Conseil municipal. Deux partent au Front national.
Comment se fait-ce ? Un certain nombre de voix ont été redistribuées à la gauche alter, d’autres ont été conquises par Falco, et puis d’autres encore sont restées à la maison. Non, vraiment, un chouette bilan.
Fataliste, Alfonsi avoue son impuissance à lutter contre le Maire dont il s’est mis à critiquer vigoureusement les résultats depuis environ six mois, c’est-à-dire l’ouverture de la campagne. Responsable et attentif, il a accompagné les actions de l’UMP pendant sept ans en commentant les décisions dans un esprit constructif — en faisant bien attention d’éviter la critique systématique (la critique systématique, c’est bon pour les gauchistes irresponsables).
Quand certains parlent de plébiscite à propos des 65,2% d’Hubert Falco, on peut s’interroger sur les 49.989 Toulonnais ayant préféré s’abstenir. S’abstenir, c’est aussi s’abstenir de voter socialiste. La stratégie du PS au niveau national depuis toutes ces années y est certainement pour quelque chose. Mais la vérité n’est pas toujours ailleurs.
Un poulain d’Alfonsi, Laurent Gabbanini, semble un peu moins satisfait que son chef et délivre quelques pistes [1] : « je suis déçu, dans sa globalité, du score de la gauche à Toulon. Nous sommes au plus bas et c’est très préoccupant. On frise aussi la rupture démocratique avec tous ces plébiscites et la quasi-absence de seconds tours. Maintenant, les forces de gauche doivent travailler tous les jours, reconquérir le terrain, accompagner chaque citoyen. Le fait que nous soyons sortis du chapeau deux mois avant ces élections a peut-être atténué notre crédibilité ».
[1] Var matin, mardi 11 mars 2008.
