LES candidats aux législatives adooorent Cuverville. Surtout quand Cuverville parle de leurs concurrents en termes peu amènes.
Prenez la conjuration des imbéciles septième circonscription du Var, celle de la Seyne sur Mer où tout le monde se déteste, gauche-droite, droite-droite et gauche-gauche. Dans la revue de presse de son blog, le candidat PRG-PS-MRC Laroussi Oueslati avait récemment copié-collé une de nos brèves faisant état de la nonchalance avec laquelle son concurrent Patrick Martinenq (de "gauche" itou, mais sans étiquette depuis qu’il s’est fait virer du PS) envisageait son mandat de conseiller général.
Atteint dans son honneur, Patrick vient à son tour sur notre site, farfouille quelque temps, use et abuse des touches Ctrl-C pour compiler un document pdf tout à la gloire, en quelque sorte, de son concurrent Laroussi. Un best-of à l’appui duquel Martinenq désigne Oueslati comme co-responsable de la faillite de l’Université du Sud Toulon-Var. Insistons sur le fait que cette affirmation émane de Patrick Martinenq, et de lui seul, parce qu’il aura sans doute mal interprété nos propos. Cette précision s’impose quand on apprend que le conseiller municipal seynois est « cité à comparaître vendredi 8 juin devant Monsieur le juge » pour ses insinuations calomnieuses (cela dit, Patrick, tu aurais pu ajouter d’autres bricoles à ton pdf, comme ce petit article qui résume assez clairement la situation de la fac toulonnaise).
Depuis qu’il s’indigne devant la Justice, Laroussi a retiré de sa revue de presse la brève qu’il nous avait piquée. Sur les conseils de son avocat ?
Il n’y a pas que la septième circonscription pour voir s’affronter des candidats dont le nombril guide la pensée politique et qui n’ont comme argument contradictoire que la haine qu’ils se vouent. Dans la quatrième, les retraités s’amusent. Le conseiller général Alain Spada (63 ans) défie le député sortant Jean-Michel Couve (67 ans). Leurs idées politiques de droite sont les mêmes mais seul Couve porte l’estampille UMP. Alors Spada s’autoproclame « candidat de la vague bleue » et indique sur son bulletin de vote qu’il est « candidat de soutien au président de la République ». « À l’image et avec Nicolas Sarkozy » (sic), il souhaite faire « cesser 21 ans d’immobilisme, d’absentéisme, d’inaction du député sortant ». Il pourrait préciser : « du député sarkozyste sortant », mais ça ruinerait son argumentaire.
Pour une fois que des candidats font preuve d’initiative et d’humour, on peut leur faire un peu de pub.
Les Verts décernaient mercredi 6 juin « le prix du Grand Pinocchio, parmi une sélection de faux écolos ». Parmi les nominés, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont été déclarés « hors-concours ». Le premier prix du faux écolo a finalement été décerné à Hubert Falco (on s’en doutait un peu quand même), pour les raisons suivantes : « Hubert Falco préside le vernissage de l’exposition du photographe écologiste Yann Arthus Bertrand sur le développement durable à la médiathèque du Pont du Las, mais continue à mener une politique anti-écologique qui privilégie le tunnel au tramway ; qui ne respecte même pas la loi qui rend obligatoires des équipements en faveur du vélo (sur la corniche du Faron ou rue Vauban) ; qui ne fait rien pour rattraper le retard de la ville
concernant le développement des énergies renouvelables ; qui oublie les équipements de proximité, comme les crèches, les maisons de jeunes ou de quartier ».
Magie de l’actualité : ce prix est remis alors que sort en kiosque un guide pratique de la revue Alternatives économiques consacré au développement durable dans les collectivités territoriales, et dont les trois pages dédiées à TPM débutent en ces termes : « Toulon Provence Méditerranée est l’une des rares agglomérations à avoir refusé de répondre à notre questionnaire détaillé. Et pour cause : l’agglomération toulonnaise est loin d’être une référence en matière de développement durable ».
Nous aurons l’occasion de revenir sur ce dossier. Pour une fois que la presse nationale sort du cadre exigu de la propagande municipale, tu parles, on ne va pas se priver !
