JE m’appelle Philippe
Faut que je m’explique
Grand merci à papa
Quand quelquefois
Comme autrefois
J’en bave
Mais plus qu’en Afrique
Aux temps héroïques
Quand sous la chéchia
Garance. J’a-
Vais mission historique
D’éduquer les peuples
Sauvages et aveugles
De guider sur des
Torrents d’idées
Le grand troupeau qui beugle
Que j’ai de la peine
Toute la semaine
Moi qui aimais tant
Voir couler l’sang
De voir changer La Seyne !
On me redoutait comme le feu, comme la peste
De la Coulée verte au Pont du Las à Palestro
Comme Mac-Mahon je suis parti :
"J’y suis, j’y reste !"
Pour en arriver final’ment à :
"Que d’eau, que d’eau !"
La Rivière neuve
Me met à l’épreuve
Comme si les frimas
N’suffisaient pas
Il faut encore qu’il pleuve
Elle monte monte
Ce lent mastodonte
J’affrontais le front
C’est un affront
A présent que j’affronte
Car j’ai de la flotte
Jusqu’à la culotte
Jusqu’au gros colon
Jusqu’aux galons
Parfois jusqu’à la glotte
Moi qu’on put connaître
Zouave et fier de l’être
Il y a des moments
Maintenant où j’en
Ai par-dessus la tête
On nous redoutait comme le feu, comme la peste
De la Coulée verte au Pont du Las à Palestro
Comme Mac-Mahon je suis parti :
"J’y suis, j’y reste !"
Pour en arriver final’ment àn :
"Que d’eau, que d’eau !"
Je m’appelle Philippe
Et je me la joue VIP
Elu député
Mais chaque année
Je sens qu’mon cas s’aggrave
Dans mes jambes ça bouge
J’ai des fourmis rouges
Un jour j’vais tomber
La boule tirée
Je vais prendre un avion louche
Direction l’Allemagne
Que Suez y gagne
Encore de bel’ nuits
Pour les lobbies
Et pour les anathèmes
Paraît qu’y a une chouette
Affaire qui nous guette
Ça sent la frime
Ceux de Panama
Ne seraient pas du repas.
Adapté du Zouave du pont de l’Alma (Lemesle/Reggiani)
