A l’université d’été du MPF... Et là, déjà, on reste perplexe. L’Université, c’est normalement un lieu où souffle l’esprit. Rapprocher université et MPF c’est un peu farce, enfin, tant pis, ça s’appelle comme ça dans les médias.
A la rave-party du vicomte, donc, on a entendu celui-ci déclarer : « si je suis élu, nous ferons flotter ensemble chaque matin le drapeau tricolore dans les cours d’école ».
Voilà bien une idée neuve. Elle n’a que 65 ans et nous ramène à une certaine période. Un autre Philippe, qui pourtant avait su mettre en place un paquet d’organisations de jeunesse à lui dévouées, trouvait malgré tout que les jeunes ne s’engageaient pas assez sur la bonne voie. Il fallait donc aller vers eux, et pour cela, le moyen le plus efficace était de les endoctriner à l’endroit où ils se trouvaient captifs, l’école. Les vichystes avaient donc inventé le salut aux couleurs dans les cours d’école. Devant un parterre de notables à forte dominante militaire, le directeur de l’établissement était sommé de faire un beau discours avec l’éloge du maréchal. Puis, en chœur, l’assistance entonnait « Maréchal, nous voilà ! »
Comme le montre cet extrait du Petit Var du 20 février 1941, la première manifestation toulonnaise de ce genre a eu lieu à l’école Rouvière le 19 février 1941. Elle sera suivie par bien d’autres, dans le primaire comme dans le secondaire.

On notera cependant une différence avec le vicomte. C’est que sous Pétain, il s’agissait de cérémonies ponctuelles, intervenant une fois de temps en temps pour chaque école. De Villiers, lui, nous promet de faire mieux, puisque ce serait chaque matin ! Il va falloir tailler dans les cours pour trouver le temps de tout faire. Et comme dans son programme, il inclurait sûrement l’étude d’un catéchisme rugueux, on se demande quand les chères têtes blondes pourraient apprendre à écrire et compter. Nos écoles tombant au rang des trop fameuses écoles coraniques de Kaboul, voilà qui serait moderne.
Carolus