LE Commissaire général aux questions africaines, monsieur Brice Hortefeux, « a annoncé lundi 4 juin aux responsables des forces de l’ordre les objectifs à atteindre en 2007 en matière de lutte contre l’immigration clandestine, dont celui d’"éloigner" 25.000 sans-papiers » [1].
« Outre "l’éloignement" de 25.000 clandestins, Brice Hortefeux a fixé trois objectifs nouveaux, à commencer par une hausse du nombre d’interpellations de sans-papiers ».
Anticipant le premier des trois nouveaux objectifs du Commissaire général [2], la Marine Nationale n’avait pas hésité, trois jours plus tôt, à interpeller dix-huit cadavres sans papiers ou alors avec des documents tellement trempés qu’on n’arrive même pas à lire ce qu’il y a écrit dessus, dans les eaux internationales à 100 milles nautiques au sud de Malte.
Accident, naufrage... À moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’une nouvelle astuce pour le regroupement familial
Lundi, Le président du FN Jean-Marie Le Pen déclarait « qu’il ne "voyait pas très bien" pourquoi le ministre de l’Immigration Brice Hortefeux s’était rendu à Toulon à l’arrivée de la frégate La Motte-Picquet ramenant les corps des dix-huit immigrants clandestins repêchés au large de Malte. "La première manifestation" du nouveau ministre "est d’aller saluer les cadavres repêchés" par un bateau de la Marine française, a déclaré M. Le Pen. "Je ne vois pas très bien ce que M. Hortefeux va faire dans cette affaire qui ressort, me semble-t-il, de la Marine ou de la Défense" et en tout cas "pas du ministère de l’Immigration", a-t-il ajouté ».
À quoi nous pourrions rétorquer que Monsieur le Commissaire aux questions africaines vient juste s’assurer que les dix-huit sans-papiers seront bien reconduits à la frontière, dans la dignité et le respect des droits de l’Homme, mais aussi dans la fermeté, pour bien faire comprendre aux responsables des filières qui exploitent la misère des immigrés clandestins que l’Etat français ne transigera pas sur l’immigration non choisie. Les tiroirs réfrigérés de nos instituts médico-légaux ne sauraient accueillir toute la misère du monde.