AU début du mois de mars, la caisse d’allocations familiales du Var adresse à un lecteur de Cuverville l’habituel formulaire de déclaration de ressources afin que ses droits soient recalculés à partir du premier juillet 2005. On lui laisse le choix entre remplir ce formulaire papier ou établir une déclaration en ligne sur le site de la Caf. Ni une ni deux : le voilà connecté sur www.caf.fr, sa déclaration d’impôt en main pour régler son compte à cette formalité administrative. Mieux vaut ne pas laisser traîner. En moins de cinq minutes, il rédige sa déclaration sur l’honneur et l’envoie électroniquement.
Une dizaine de jours plus tard, il reçoit un nouveau courrier, envoyé automatiquement par la machine puisque aucun interlocuteur n’est spécifié :

« Après étude de votre déclaration de ressources 2004, nous avons besoin d’informations complémentaires pour calculer exactement vos droits ».
De quelles informations fiscales autres que celles figurant sur la déclaration d’impôt la Caf aurait-elle besoin ?
« En effet, vos ressources déclarées ont diminué par rapport à celles de l’année précédente ».
Voilà ce qui cloche, les revenus déclarés ont diminué. Alors qu’en France le plein emploi est enfin une réalité, que la quasi totalité des salaires ont progressé plus rapidement que l’inflation, voilà qu’un contribuable se permet de déclarer moins cette année que la précédente. La fin du courrier impose à cet allocataire de renvoyer une deuxième déclaration de revenus sur l’honneur, papier celle là, et prévient que les prestations cesseront d’ici un mois en cas de non réponse. Ce qui est particulièrement bien vu : outre le fait que la précédente déclaration fait référence jusqu’au 30 juin 2005, les prestations concernées ne sont même pas soumises à condition de ressource.