VOILà bientôt deux ans que se tirent "les leçons du 21 avril". Toutes voiles dehors, la gauche part unie en Provence Alpes Côte d’Azur, attendant le gros coup de mistral qui la fera arriver en tête au premier tour.
Robert Alfonsi, avenir officiel de la gauche. Fort d’une stratégie politique aux multiples victoires, Alfonsi, notre Hollande local, reste un leader incontesté. Les places sont chères. Dans le cas d’une triangulaire au second tour et d’une victoire, seuls les 14 premiers de la liste peuvent espérer gagner leur jeton pour le Conseil régional. S’il y a défaite, on fermera la porte au mieux derrière le sixième [1]. Sur les sept conseillers régionaux de gauche sortants, trois ne seront pas de la partie. Odette Casanova a déposé les armes, Jacques De Lustrac s’est fait virer au profit d’autres camarades du PRG et Philippe Arcamone n’est plus dans les petits papiers des grands pontes.
Gaïa l’éternel cocu. L’ancien député de Toulon se retrouve une fois de plus mis à l’écart. Il en avait pourtant avalé des couleuvres ! Jusqu’à figurer lors du congrès PS sur la même motion que son ennemie intime Odette Casanova. Lors des premières discussions, il était en bonne place sur la liste concoctée par la fédération varoise. Mais Vauzelle (sous l’influence de sa copine Odette) imposa son diktat en menaçant de quitter la tête de liste si Gaïa restait. Exit.
Ne quittez pas, nous traitons votre appel. Pour le vote relatif à la constitution de la liste PS, la section toulonnaise convoqua les militants par voie téléphonique. Résultat : la liste d’émargement pourra encore servir. Pourquoi ne pas essayer la télépathie la prochaine fois ? D’autant que Vauzelle a finalement modifié la liste obtenue sans l’accord des principaux concernés.
D’autre part, le premier candidat vert (numéro 4) est une élue municipale de... Gap [2]. Pourquoi se présenter sur la liste des Hautes-Alpes quand on a l’opportunité de figurer sur celle du Var, adoubée par le président sortant du Conseil régional ?
Les petits détails qui font la différence. Pour la première fois, les listes que présentent les partis doivent respecter une parité totale. Sur le site officiel de campagne de Michel Vauzelle, les candidates mariées apparaissent sous leur nom de jeune fille suivi de leur nom d’épouse. Quand on connaît les difficultés administratives que doivent endurer les femmes qui veulent conserver l’usage de leur patronyme, on se dit que l’attention est délicate. On peut constater la muflerie de la liste UMP-UDF qui ne s’attarde pas sur ce genre de considération.
Deux ans après le départ de Jospin, le PS est toujours le même. Les hommes sont les mêmes, le programme (quel programme ?) est le même, et enfin la stratégie électorale est la même.
Pour Vauzelle : « tout se joue au premier tour, qu’on ne vienne pas ensuite nous dire "F comme fasciste, N comme nazi" et nous demander quoi faire ». Un rien méprisant à l’égard de tous les jeunes qui gueulaient ça au soir du premier tour des présidentielles. La récré est finie, venez tous voter ! Et puis, connaissez-vous quelqu’un qui se serait retourné vers le PS, le regard embué, pour lui demander quoi faire ?
[1] Seules les listes ayant obtenu plus de 10% des suffrages exprimés au 1er tour peuvent se maintenir au second et éventuellement fusionner avec les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages. La liste qui arrive en tête au second tour obtient un quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle.
[2] Le mode de scrutin pour les élections régionales a été défini par la loi du 11 avril 2003. Cette loi sera appliquée pour la première fois aux élections des 21 et 28 mars 2004. Les listes comportent des "sections départementales", afin que les électeurs puissent identifier les candidats de leur département.
