LE vice-président de l’Université del Sud, Laroussi Oueslati, a longuement fait le forcing pour figurer sur cette liste au titre de la société civile. Peinant à se faire entendre, il a retrouvé au fond de son portefeuille une vieille carte jaunie qui témoignait de son appartenance au Parti Radical de Gauche.
Et alors que certains collègues militants désespéraient de le revoir un jour assister à une réunion du PRG, il débarqua comme une fleur le jour des désignations. L’affaire était entendue. Par une alliance officieuse entre lui-même, le président Christian Peyre et la section hyéroise menée par Jacques Quentin, les deux candidats radicaux s’estimant les plus "légitimes" (à savoir le conseiller régional sortant Jacques De Lustrac et le maire du Pradet Roland Joffre) se retrouvaient sur la touche : Oueslati et l’épouse de Quentin étaient "désignés" pour défendre les couleurs du PRG varois aux régionales (respectivement 9ème et 14ème sur la liste), Peyre devait porter l’étendard de la gauche unie dans le cinquième canton toulonnais [1].
Oueslati n’est pas novice en politique. Elu sur la liste de Christian Goux en 1995, il fut conseiller municipal d’opposition à Toulon pendant l’investiture FN. Six ans plus tard, on le réveilla pour lui proposer une reconversion sur le quatrième canton toulonnais. Mais se présenter seul est plus délicat que se laisser porter par une liste. Il échoua. Désormais sans mandat, il décida de s’investir à fond dans sa vie professionnelle. Avec le soutien de son plus fidèle et loyal ami, Motorola v600, il travailla d’arrache pied à son avancement au sein de l’organigramme universitaire.
Je te tiens... Tu me tiens... (Tandis que Laroussi obtient une place sur la liste Vauzelle, Bruno se positionne près de Muselier.)
Le centriste Bruno Ravaz était encore doyen de la fac de Droit toulonnaise quand on lui fit miroiter une place sur la liste Falco (UMP) aux municipales 2001. Mais on lui préféra finalement un autre universitaire, le juriste Robert Cavanna.
Puis Ravaz fut élu président de l’Université... En grande partie grâce à son nouveau copain, Laroussi Oueslati, qui lui obtint le soutien de représentants étudiants au sein du Conseil d’administration. Dont ceux de l’UNEF, syndicat proche du parti socialiste.
Ce partenariat original permit à Oueslati de se propulser à la tête du Conseil de la Vie Universitaire, et d’obtenir ce mandat de vice-président qui l’honore aujourd’hui.
Homme de convictions, adepte des réformes libérales promises par Allègre et soutenues par Ferry, il n’écouta que son devoir pour venir, en décembre 2003, casser le mouvement étudiant lors d’une assemblée générale mémorable. Avec, bien sûr, la bénédiction du président Ravaz.
Ajoutons pour parfaire le tableau qu’à l’origine, Ravaz officiait en Droit et Oueslati en sciences. Ils ont intégré le même laboratoire de recherche spécialisé en communication et nouvelles technologies. Car la Science méprise les étiquettes politiques.
Avec un peu de chance, si les électeurs entendent le message anti-médiocrité de Vauzelle cité en début d’article, les deux copains se trouveront réunis au sein du nouveau Conseil Régional [2].
Tout comme la tête de liste socialiste réclame une confrontation à son rival de l’UMP, l’Université del Sud organisera-t-elle un débat entre les deux adversaires Ravaz et Oueslati ? Les électeurs attendent impatiemment de connaître les points de vue contradictoires de ces deux-là, histoire de voter utile dès le premier tour.

[1] Il a finalement abandonné sous la pression de ses détracteurs, au bénéfice d’un autre radical, Elie di Russo.
[2] 5ème sur la liste varoise de Renaud Muselier, Ravaz devrait être élu quoi qu’il arrive.
