IL faut sauver le président Ravaz. C’est surtout l’avis du président lui-même qui, redoutable administrateur de la fac toulonnaise et bon communicant, aura choisi Var matin comme tête de pont de sa campagne de réhabilitation personnelle. El presidente de l’Université del Sud, confronté à certaines difficultés au sein de son institution, a bien besoin de se faire redorer le blason [1].
Ces trois dernières semaines, Bruno Ravaz a ainsi bénéficié d’autant de demi-pages dans le quotidien varois. La période estivale n’est peut-être pas la plus propice à la publicité, mais on fait ce qu’on peut.
Au début du mois d’août, après que l’UNEF [2] a sorti un rapport sur les « frais d’inscription illégaux » accablant pour la majorité des universités françaises, Ravaz intervient pour dire que lui, non, pas du tout. « Le "patron" du campus [...] n’a besoin ni de se rassurer, ni de surfer sur le site du syndicat étudiant où se dégage un léger parfum de scandale à un mois de la reprise des inscriptions. Il sait déjà qu’il est "exclu de fait" de la liste noire nationale ». Le bon élève respecte la législation en vigueur, accroché « à l’image de notion de service public gratuit de l’enseignement supérieur [sic] », mais propose toutefois comme solution
partielle aux difficultés financières de l’institution de « multiplier les frais d’inscription par quatre ». Va comprendre.

Le 18 août, rebelote. Cette fois-ci, Ravaz nous fait le plaidoyer pour « l’ouverture d’une faculté de médecine et d’une faculté de pharmacie dans l’aire toulonnaise ». Bla bla. En mai dernier, il annonçait via les pages très bienveillantes du mensuel Métropole la création d’un « Institut National Polytechnique ». Et pourquoi pas une école du rire ? Pendant ce temps, on n’évoque pas les retards de paiement des employés de l’université, c’est toujours ça de pris.

Le 23 août, c’est-à-dire cinq jours plus tard, Var matin publie une nouvelle fois, dans son intégralité, la demi-page du 18. Y compris la petite pique du maire UMP Hubert Falco, rival politique de l’UDF Ravaz, dans l’encart « Oui mais pas de précipitation » : « il enfonce des portes ouvertes ».

Pas besoin de poser la question pour penser que Ravaz n’a pas demandé au quotidien varois la double publication. Var matin sait très bien faire ce genre de conneries tout seul. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs, on a même eu droit au coup de la double publication dans un même numéro.
Récapitulons, avant de nous trouver un autre marronnier (pourquoi pas Jauréguiberry ?) : trucages à la une, bidonnages d’articles, faux-semblants, mollesse du propos, ajustement de l’Histoire, flagornerie, autocélébration fantaisiste, sarkomania à tous les étages, sans compter les innombrables coquilles (c’est le côté le plus attendrissant), voilà quelques mots-clé pour ce titre de la presse quotidienne régionale dont le PDG est un des plus éminents théoriciens. Comme il fut annoncé en novembre 2004 à l’occasion du dernier changement de tarif : « ce n’est certes pas de gaieté de coeur que nous procédons à cette augmentation. Mais faisant le choix de la qualité rédactionnelle, nous y sommes contraints ».
[1] Voir la série d’articles consacrés au problème.
[2] Union Nationale des Etudiants de France.