Comme le journal Var matin n’a plus d’existence propre, il serait surprenant que la société Lagardère, propriétaire, lui consacre un site web spécifique. De fait, l’adresse varmatin.com renvoie sur le portail du "groupe Nice matin". On peut y consulter les archives du journal moyennant un numéro de carte bleue. Pas d’aperçu de l’édition papier du jour, hormis deux ou trois titres. Quelle misère !
Alors, pour pallier ce déficit d’information électronique, nous avons décidé de publier des extraits du journal choisis pour leur représentativité : voici donc un résumé hivernal de Var matin, édition Grand Toulon [1].
CUVERVILLE se trouvait en villégiature près de Quimper en décembre dernier, quand une baleine de 19 mètres vint à s’échouer sur une plage du coin. Un rédacteur du Télégramme, le quotidien de la Bretagne, relata ainsi l’évènement : "la baleine s’est probablement échouée à cause d’une erreur de navigation." Doit-on penser qu’elle a perdu son GPS dans la tempête ?
Cette lecture nous révéla soudain l’urgence d’une réhabilitation. Il fallait rendre leur dû à nos confrères de la PQR, comme on dit quand on est un professionnel de la profession [2]. Car la PQR est trop souvent décriée, malgré l’importance de son rôle politique et culturel. Sans presse locale, le lien social se désagrège. Comment les petites gens, qui n’ont pas encore loisir de disposer d’un téléviseur, pourraient-ils se tenir informés des grands évènements de ce monde, par exemple la condamnation infâmante d’Alain Juppé ? Qui pourrait leur dresser un compte rendu détaillé de l’assemblée générale de l’association de la Boule Joyeuse ? Où lire les résultats du match Pont-du-Las/Carros ? Les lecteurs socialistes de Télérama se gausseront sans doute de ces questions, car ils méprisent les goûts populaires de la France qui bosse. Nous ne nous adressons pas à eux.
Var matin, ce n’est pas seulement un titre choc en première page ("Jonatan, star sur orbite", "Stéphanie en famille au cirque"). Son contenu ne se limite pas non plus à d’exigeants reportages photo sur les NRJ music awards. Var matin, c’est surtout un ton et une ambiance, grâce auxquels le "quotidien des varois s’est amélioré" [3].
Des faits, et rien que des faits.

Des titres coup de poing qui suscitent la curiosité.

La simplicité au service de l’information.

Var matin s’adresse souvent aux moins lisants de nos concitoyens, en se glissant subtilement à leur niveau de quasi-analphabètes. C’est aussi ça, le respect du client. N’en déplaise aux lecteurs bobos de Télérama.


Mais le journal sait aussi élever le niveau. S’inspirant de Nietzsche, le rédacteur réfute la morale, pulvérise la frontière entre le bien et le mal, le vrai et le faux, la fidélité et l’adultère (17 décembre 2003) :

Intermède : coup d’oeil sur une sympathique association.

Var matin, ce sont des articles définis par un certain nombre de caractères, et pas un de plus (29 janvier 2004) :

On y apprend que les buralistes sont des espèces de coupeurs de joints, et beaucoup d’autres choses :



Et enfin, Var matin, c’est de l’humour en barre !


[1] Revue effectuée entre décembre 2003 et janvier 2004.
[2] PQR : Presse Quotidienne Régionale.
[3] Termes de la campagne publicitaire de 1998, qui accompagnait la fusion avec Nice matin.