ON ne te voit presque plus à la télé, sauf quand tu te fais virer par cet horrible Debré. Tu nous manques. Les médias sont volages, négligeant aujourd’hui ce qu’ils ont célébré hier. On ne te voit plus à la télévision, parce qu’ils se polarisent sur les 35 heures, ou les régionales ou la cigarette ou la Pentecôte. Encore une histoire de chiffres. Mais que sont une Pentecôte ou trente-cinq heures devant quatorze mille réchauffés, franchement ? Roupie de sansonnet et puis c’est tout.
Que de chemin parcouru depuis Pignans ! Tu débarquas en mairie par le hasard des listes qui se composent et recomposent, en ces bourgades pittoresques ignorant la rigueur des stratégies électorales urbaines. Dans les années 70, le Haut Var était quasiment terra incognita. Apre vie provençale.
Mais terres magnifiques, pour qui sait se faufiler entre les bosquets de lavande, courir et grimper les Maures et la paysanne, cueillir la figue, s’enivrer de raisin, chasser le cochonglier et le jeune citadin égaré alors qu’il pensait se trouver sur le chemin d’une free partie, le con !
En 1983, Pignans dut choisir entre Robert Molinari, l’instituteur socialo-communiste, et toi, directeur général d’une dynamique entreprise. On te confia les clefs du patelin.
Ton premier fait d’armes, et ce ne sont pas des bêtises qu’on raconte pour gonfler un édito, fut de repeindre le bac des fontaines afin que la lumière supplante la moisissure.
Que de chemin parcouru ! Et pourtant, une constante : cet amour du milieu aqueux. L’histoire commence au fond d’un bassin et continue dans la plus belle rade d’Europe, pour s’achever provisoirement au sein du ministère qui te permet de barrer les vieux gréements.
Désormais maire de Toulon, tu te contrefous du Haut-Var. Il débute après la corniche du Faron et ne sert qu’à éponger la dette toulonnaise via le Conseil général. Et quand le Haut-Var ne suffit plus, tu en appelles aux contribuables de TPM : que l’agglomération participe à l’entretien de l’Opéra et autres machins fort onéreux. Ainsi, tu pourras t’enorgueillir d’une baisse d’impôts locaux pour conserver ce mandat de seigneur ad vitam aeternam. Tant mieux pour nous. Tant pis pour les autres. Ces crétins n’ont qu’à vivre à Toulon, comme tout le monde.
On ne te voit plus à la télévision, c’est comme ça (il faut dire qu’on n’a pas payé la redevance, alors ils nous l’ont embarquée).