Cuverville reprend à son compte une technique déjà éprouvée par les supermarchés pour attirer le client, qui consiste à trouver le plus souvent possible un évènement d’importance à célébrer. Mais après le dixième anniversaire en 2006 — un compte rond, propre, droit dans ses bottes — nous ne sentions pas trop la commémoration du onzième. Qu’à cela ne tienne, lectrice, lecteur : nous venons de passer le million de visites "uniques" et je ne te parle même pas du nombre de pages vues. De quoi rendre une nouvelle fois hommage à cette aventure. Notre aventure.
NOUS avons franchi le million. Le million ! Le million ! Point de fanfaronnade : regarde, c’est écrit en bas (à droite) de la page d’accueil.
À faire crier grâce à tous les échos,
À faire trembler les murs de Jéricho,
je vais t’aimer.
« Calme ta joie » dit le webmestre qui n’a rien d’un boute en train. « L’estimation est approximative. D’ailleurs, avec la prochaine version de Spip, prépare toi à tomber de haut. Finies les journées à 4000 visites ! »
Mais le webmestre est un garçon qui assume ses contradictions : « tu te rends compte », reprend-il en soupirant, « si nous avions récupéré ne serait-ce qu’un euro pour chaque visite quotidienne ? Nous serions riches ». Allons bon ! Tu sais bien que nous ne faisons pas ça pour l’argent ! Notre liberté, c’est le bénévolat ! Notre force, l’indépendance financière ! Ah ! Ah ah, euh.
Depuis onze ans, donc, nous avons continué la mission que personne ne nous avait confiée — il faut vraiment tout faire tout seul par ici.
Quelle mission ? L’information ? La régulation de l’action politique ? Quelle prétention ! Ne t’en déplaise, lectrice, lecteur, le but est d’abord cathartique. Évacuer la bile, écrire pour contrer l’écoeurement. Il ne s’agit pas de notre situation personnelle, merci, mais de ce qui se passe alentour. Tu n’as pas remarqué ? Le monde va mal. On va tous crever.
Une précision sur ce site.
Non, Cuverville.org n’est pas un blog. Il s’agit d’un bête site web normal de base. Cuverville n’est pas un blog car le blog est le lieu de tous les nombrilismes, et que nos nombrils n’ont pas d’autre vocation que de se faire asticoter par une langue agile à l’occasion d’ébats n’ayant aucun rapport avec le virtuel. Nos vies privées le resteront. Fuck la blogosphère.
Une précision sur "l’expression citoyenne".
Le journalisme ne s’improvise pas. Ou disons, pour le moins, que cette activité gourmande est particulièrement exigeante. Onze ans que les non-professionnels que nous sommes nous attelons à la tâche avec plus ou moins de bonheur, onze ans que nous suons sang et eau — oui, bon, n’exagérons pas — pour éviter le procès ou pire encore, le discrédit, l’indifférence, la condescendance due aux quelques allumés paranoïaques ou revanchards qui sévissent sur le réseau. C’est dur ! Coincés entre ces malheureux qui se croient obligés de raconter n’importe quoi sur n’importe qui et de le balancer sur le net au prétexte qu’ils ont un ulcère à l’estomac et un clavier sous l’index (on reste dans la catharsis), et les parfaits démocrates qui entendent « réglementer » l’expression en appuyant leur argumentation sur les écarts des précédents, nous avons chaud aux oreilles.
Voilà, cher compatriote, chère lectrice, cher lecteur, ce que je souhaitais te dire.
Tu l’imagines, c’est avec beaucoup d’émotion que je m’adresse à toi ce soir. Pas un instant tu n’as cessé d’habiter mon coeur et mon esprit. Pas une minute, je n’ai cessé d’agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j’aime autant que je t’aime. Et que je vais t’aimer.
Vive la République ! Vive Cuverville, et bonne bourre !