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Coutumes et traditions toulonnaises.

La flotte nucléaire française doit-elle se saborder avant, pendant, ou après la guerre ?

samedi 1er février 2003
par Gilles Suchey

POUR ceux qui étaient trop jeunes à l’époque, rappelons quelques faits historiques. En août 1793, la Marine Nationale offre Toulon à la couronne d’Angleterre, car elle n’apprécie pas le nouveau slogan à la mode : "Liberté, égalité, fraternité". Les républicains pilonnent alors le port et récupèrent la ville. Grâce à sa pugnacité au combat, Bonaparte gagne une poignée de galons qui lui vaudront plus tard un certain succès télévisuel dans le rôle de Christian Clavier. Toulon l’infâme, débaptisée, devient "Port la Montagne".

150 ans se sont écoulés. Les amiraux de la Royale ont enfin adopté un slogan : "Travail, famille, patrie". En 1942, surprise ! Les panzers d’Hitler envahissent l’arsenal de Toulon pour soumettre la flotte, alors que ce n’est pas du tout ce que l’armistice avait prévu. Bien sûr, les bateaux français auraient pu rejoindre les forces libres en Afrique du nord quand il en était encore temps. Bon. On ne peut pas penser à tout. Soumission définitive aux boches, ou allégeance aux rosbifs ? Cruel dilemme. Sabordage de l’armada.

Voilà pourquoi tant de navires tutoient les amphores millénaires au fond de la rade. Les plongeurs se régalent et parlent de "Sous-marine Nationale", ils sont drôles.

Cuverville lance aujourd’hui un grand débat. Tu es convié, lecteur, à répondre à cet article en toute amitié et chaleur humaine. Quelques questions pour amorcer les échanges : la crise s’intensifiant, qui aidera la Marine Nationale à trouver l’axe du bien ? Collusion réactionnaire et collaboration : chance ou fatalité ? Faut-il saborder la flotte avant, pendant, ou après la guerre ? L’iode marine permettra-t-elle à la taxifolia de survivre après la catastrophe nucléaire ? Et si on faisait ça au large de Brest, pour changer ? Les Bretons ne sont pas à une intoxication près.

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