
FICHE technique : Mensuel, quadrichromie, format A3. Le 62ème numéro est daté du 15 avril 2003. Administré par un seul homme, Alain Perrier, transfuge de Var matin. Vendu en kiosque sur l’agglo : 1,70 euro. Distribué en masse dans les collectivités publiques et les entreprises partenaires. Ligne éditoriale : promotion de l’activité économique sur Toulon, Hyères, la Seyne.
Métropole est surtout un organe de propagande -de plus- au service exclusif des institutions et de l’ordre libéral à cravate. Pour intéresser Alain Perrier, une alternative : vous émargez à l’UPV (Union Patronale du Var, antenne locale du Medef) ou bien vous êtes élu de la République (de droite). Le plus simple est de cumuler les deux casquettes. Malheureusement, le lecteur n’est pas forcément averti avant d’acheter le canard.
Sur la forme, Alain Perrier s’inspire plus du VRP, qui tient le micro les jours de promotion au supermarché du coin, que d’Albert Londres.
Voilà par exemple un article titré "un rapport qui manque de souffle...", à propos d’une enquête diligentée par le maire de l’agglomération sur la situation économique locale, et dont les conclusions agacent les notables et leur porte-voix. Derniers commentaires du rédac’ chef : "la seule question à poser finalement à l’auteur du rapport est celle-ci : pourquoi avoir oublié le meilleur conseil de votre grand-mère, de toutes les grand-mères du monde ? Elles disent : il ne faut jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier. A TPM, les maires suivent ce conseil de sagesse. Ils ont raison. Action !".

Sur le fond, le principe est simple, et illustré par les encadrés rouges 1 et 2. Vous composez un article promotionnel sur l’ODEL (Office Départemental d’Education et de Loisirs, cadre 1). L’ODEL, reconnaissant, vous achète un espace publicitaire format A4 (cadre 2).
Obtenir une pub pleine page du Conseil général au dos du journal implique que l’on vante les mérites de son président Horace Lanfranchi, photo(s) à l’appui, en pages intérieures.

Autre exemple édifiant, qui ne s’embarrasse pas de chichis : l’article du cadre 3, consacré à la bonne santé du cabinet de transactions immobilières Jomel, intègre une promotion publicitaire pour le cabinet de transactions immobilières Jomel ("la qualité..."), ce qui est pratique.
Mais cela reste insuffisant, alors le même cabinet s’est payé un autre encart ciblé plus précisément sur "le Palais Liberté" (cadre 5). A distinguer d’un nouvel article (cadre 4), évoquant l’ouverture prochaine de cette somptueuse réalisation architecturale.
Ici, dans le paragraphe introductif, le pigiste écrit : "c’est le 3 septembre qu’entrera en service le Palais Liberté, "l’immeuble centre-ville qui symbolise le renouveau de Toulon" selon le mot d’Albert W. Bessudo, président de la chambre de commerce et d’industrie du var."
Le rédacteur fait ainsi de la communication, à la requête de son employeur.
S’il faisait du journalisme, nous serions informés de la chose suivante : le bâtiment doit son nom et son orientation commerciale à la municipalité FN de Jean-Marie Le Chevallier, et non au "pari sur la revitalisation du centre ville programmée par le nouveau maire Hubert Falco". Surtout, nous pourrions apprendre que monsieur Bessudo, président de la CCI comme indiqué, est aussi administrateur du cabinet Jomel, qui commercialise la surface... Et quoi d’autre, encore ? (Les rédacteurs de Cuverville, journalistes d’opérette et flemmards professionnels, ignorent à peu près tout.)