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Partis politiques : bien choisir son adhésion en ligne

dimanche 7 mai 2006
par Gilles Suchey
Après le test ultime des chaussures de plage, Cuverville pique encore des parts de marchés à Que choisir en aidant le consommateur à se retrouver dans la jungle des partis.

L’UMP aurait gagné 55.000 adhérents en un an. Le PS compte 35.000 nouvelles cartes depuis le début de sa campagne promotionnelle d’adhésion en ligne à prix bisou (20 euros). L’UDF s’inscrit sur ce marché porteur et lance début mai sa propre campagne d’inscriptions dégriffées.

Souvenons-nous de la dot-com bubble. Y aura-t-il de la place pour tout le monde ? Ne faut-il pas craindre un éclatement après l’emballement spéculatif ?

Verts et PC : le scandale

Fini le militantisme à la papa. Tous les partis politiques proposent désormais aux visiteurs de leur site internet une adhésion rapide. C’est pratique : on peut devenir militant d’une main en continuant à se gratter les couilles de l’autre. Mais après le premier clic, la désillusion est parfois cinglante !
« J’adhère aux Verts ». « Pour changer le quotidien et transformer la société je prends ma place au Parti Communiste ». Certains slogans sentent le réchauffé. Ici, on vous engage à remplir une fiche nominative mais à aucun endroit n’est précisé le tarif de l’adhésion. Une erreur que même les étudiants en première année de Force de vente savent ne pas commettre ! Une fois les renseignements obtenus, on vous informe que la fédération départementale prendra bientôt contact pour achever la démarche. L’innovation technologique n’était que poudre aux yeux. Vous voilà tenus de vous rendre dans un appartement sordide requalifié en bureau où d’horribles quinquagénaires moustachus vous donneront du « camarade » quand ils ne vous inciteront pas à remiser le 4x4 au profit d’une bicyclette à sacoches. Et puis après, c’est l’engrenage : cours de militantisme, débats d’idée, collage d’affiches, Komintern, José Bové, vous voilà accaparés par la politique, vous ne voyez plus vos enfants, votre femme vous trompe.

FN et MPF : avec un timbre à l’effigie de Marianne.

« Je décide de donner au Front national les moyens de gagner en adhérant ou renouvelant mon adhésion ». « Avec Philippe de Villiers préparons l’avenir ». Les frères ennemis poussent le mimétisme jusque dans les modalités d’inscription : un document pdf à remplir et renvoyer par voie postale. Les tarifs sont bien mis en évidence ainsi que les réductions fiscales (voir le logo de cet article, piqué au bulletin du Front). Il faut savoir qu’à partir du moment où tu adhères à un parti politique tu peux déduire de ta fiche d’imposition 66% de la somme déboursée. Sans compter le magnet sur le frigo et le stylo où tu vois le vicomte qui se désape quand tu le retournes.
MPF : 20 euros seulement pour les moins de 30 ans et les « personnes en difficulté » ; 45 euros en tarif normal, 65 en couple. Dans ce cas, une attestation de mariage par monsieur le curé est paraît-il nécessaire. Au delà de 150 euros, l’adhérent sera qualifié de bienfaiteur.
FN : 30 euros pour les moins de 25 ans et les chômeurs ; 50 euros en tarif normal, 80 en couple. Au delà de 130 euros, l’adhérent est lui aussi qualifié de bienfaiteur. Au delà de 250, tu as droit au label « prestige ». Plus haut c’est l’orgasme.

UMP : le militantisme réalité

« Imaginez la France d’après ». « La France a besoin d’un grand mouvement qui réconcilie durablement les Français avec la politique ». Les slogans de l’UMP demandent effectivement un grand effort d’imagination. « Adhérent, la sève de l’UMP ». « Devenez populaire, rejoignez le mouvement » car c’est vrai, Chirac et Galouzeau savent ce que le mot popularité veut dire. Même les jeunes en chemisette s’y mettent : « prends-toi en main, rejoins nous ! »
Nous voilà au top de la modernité. On peut adhérer en ligne (BNP Paribas), par courrier, par SMS, par téléphone ou sur place. Cela ne coûtera que 10 euros aux moins de 30 ans, aux étudiants et aux demandeurs d’emploi. La question est de savoir si l’offre se limite aux demandeurs d’emploi de catégorie 1 [1], la seule dont se sert le ministre quand il comptabilise les bons chiffres du chômage. 25 euros en tarif normal, 35 euros en couple.

UDF et PS : le militantisme en soldes

« L’UDF veut reconstruire la France ». « Adhérez maintenant au parti socialiste ! » Deux slogans qui claquent comme une main ouverte sur les fesses de Sarkozy.
Pour sa campagne d’adhésion en ligne (Elysnet-HSBC), l’UDF avance des tarifs dégroupés. 10 euros pour les moins de 21 ans, 20 euros en single, 30 euros en couple.
Formule unique en ligne pour les aspirants-socialistes (Paybox) : 20 euros jusqu’au premier juin. Pas de déduction fiscale : Voilà bien la gauche !

Bon. Vous connaissez désormais les tarifs, encore faut-il bien apprécier la nature de l’offre. On vous propose de devenir militant mais n’ayez crainte : « souvent l’implication de chacun varie avec le temps et il n’existe pas de modèle », est-il écrit sur le site du PS. Ce qui signifie que vous pouvez toujours continuer à vous gratter les couilles et cliquer ailleurs, à partir du moment où vous avez augmenté le chiffrage qui permet aux éléphants d’amuser la galerie.

Cela dit, militer, pour ceux qui n’ont pas de démangeaisons, c’est l’opportunité de contribuer aux débats, de participer à l’élaboration du programme et de choisir le candidat aux présidentielles. Les militants de l’UMP auront ainsi le choix entre Sarkozy, ceux du FN entre Le Pen, ceux du MPF entre Villiers, ceux de l’UDF entre Bayrou, et ceux du PS entre Tony Blair. Pourquoi hésiter encore ?

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[1] Catégorie 1 : chômeurs immédiatement disponibles, cherchant un emploi à plein temps et à durée indéterminée (CDI). Catégorie 2 : chômeurs immédiatement disponibles, cherchant un CDI à temps partiel. Catégorie 3 : chômeurs immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée déterminée (CDD), temporaire ou saisonnier. Catégorie 4 : chômeurs non immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI), à temps plein ou partiel. Catégorie 5 : Personnes en activité, cherchant toutefois un autre emploi. Catégorie 6 : chômeurs non immédiatement disponibles (exerçant une activité supérieure à 78 h par mois), cherchant un emploi à plein temps et à durée indéterminée (CDI). Catégorie 7 : chômeurs non immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée indéterminée (CDI) et à temps partiel. Catégorie 8 : chômeurs non immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée déterminée (CDD), temporaire ou saisonnier.

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  • Que choisir ? 7 juin 2006, par céline (2 réponses)
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