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Les chaussures de la belle saison

jeudi 7 juillet 2005
par Olivier Vermert

Cet été, comment habiller nos petits pieds bronzés ? Spartiates, stilettos, docksides ? Pas de panique ! Cuverfashion a testé pour vous les six incontournables de l’année. Cuverfashion, le top de la mode à prix tout doux.

COMMENçONS par l’incontournable tong. Gougoune en québécois. Rappelons que cette chose est constituée d’une semelle sur laquelle on a fixé deux brides en Y dont l’extrémité passe entre les deux premiers doigts de pied.
Si l’origine de la tong est asiatique, l’occident en décline d’innombrables versions. Couleurs, motifs, épaisseur de la semelle et petits machins qu’on ajoute sur les brides. Et pourquoi pas des talons pointus. Bientôt les lacets et le modèle moon boot pour l’hiver.
La tong est unisexe. Déconseillée pour conduire une automobile ou s’enfuir en courant après avoir chouravé le sac d’une vieille dame. En fait, la tong est au gros orteil ce que le string est à la fesse droite.

Pour vous faire des copines ou des copains teutons, essayez la birkenstock. Moi je ne peux pas, ça me rappelle trop le gros Lucien de la cantine avec son tablier sale et l’infirmière qui me piquait les fesses quand j’étais à l’hosto : ceux-là portaient les fameux sabots birkenstock blancs avec les petits trous d’aération. Dans son genre, la birkenstock est encore plus laide que la tong.
Et pour les méridionaux, la "culture birkenstock" reste source de mystère : on pense ici que la sandale permet de laisser fleurir les orteils quand le printemps arrive. Quand il fait froid, on range tout le matériel au chaud dans du 95% coton / 5% élasthanne et du nubuck. Alors, quel est l’intérêt de mettre des sandales quand on porte déjà des chaussettes ?

La tropézienne est indémodable. C’est à dire qu’elle n’est pas à la mode. Très prisée chez les officiers de marine et les épouses d’officiers de marine. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît quand le printemps arrive : les tropéziennes, le bermuda et la chemisette à carreaux.
La tropézienne, polyvalente, convient parfaitement bien à la soirée dansante estivale ou la partie de ballon avec les enfants. Toute la famille peut en porter. Ce sont les seules chaussures ouvertes tolérées par l’institution Notre Dame. Précisons enfin qu’un bon scout d’Europe est un scout d’Europe avec des tropéziennes.

Dans un tout autre genre, nous avons la mule en plastique, aussi appelée chancla par les pieds-noirs d’origine espagnole. Très seyante sous le survêtement. Se porte parfois, comme la birkenstock, avec des chaussettes. Mais plutôt l’hiver, à l’heure de descendre les poubelles ou d’aller faire pisser le chien. Le footballeur enfile ses chanclas après le match (d’abord le pied droit, toujours), et c’est pour cela sans doute que les grands équipementiers sportifs tiennent à apposer leur logo sur ces improbables bouts de PVC. Car dans le registre des chaussures horribles, la mule en plastique est immonde.

Avec l’espadrille, on arrive enfin aux choses sérieuses. Voilà une vraie savate d’été, la savate d’été pourrait-on dire, sauf objection des républicains espagnols qui fuyaient ainsi chaussés le régime franquiste, en toute saison, à travers les Pyrénées.
Gaston Lagaffe, homme de goût, porte l’espadrille et séduit mademoiselle Jeanne, comme quoi l’odeur n’incommode pas tout le monde.
Gaston porte des chaussettes dans ses espadrilles. Ce ne serait pas notre choix mais nous pouvons cependant le comprendre et l’admettre, car l’espadrille est une chaussure fermée.
L’espadrille se bonifie en vieillissant.
L’expression "usé jusqu’à la corde" ne peut pas être employée s’agissant d’une espadrille.

Le top de l’été, le champion des souliers à trous, la Rolls des tatanes, c’est quand même le nèbu de plage. Connu aussi sous le nom de méduse ou de squelette, le vrai nèbu de plage est en plastique transparent. Il en existe des versions colorées, mais c’est tout de suite moins classe, plus tape à l’oeil, plus artificiel.
Qui se moque du nèbu de plage n’a jamais marché sur un oursin ou sur le sable incandescent.
Comme la tropézienne, le nèbu est polyvalent. Le nèbu permet de faire du vélo ou de s’enfuir après avoir dérobé la banane d’un toquard en tong.
Le nèbu est appelé à régner. Le nèbu dominera le monde.

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