LES résultats et commentaires afférents, visant un échantillon très restreint de la population estudiantine, n’appellent évidemment aucune généralisation.
Le questionnaire a été remis à dix groupes successifs au cours des années universitaires 2003-2004 et 2004-2005. Nombre de sondés : 239. Tranche d’âge : autour de 20 ans.
Question 1. A propos des moyens d’information suivants : télévision, radio, presse écrite, internet, diriez-vous que vous leur faites totalement, assez, peu, ou pas du tout confiance ?
Media |
Ont confiance... |
Total |
Bilan |
||||
| Totalement |
Assez |
Peu
|
Pas
du tout |
Plutôt confiants |
Plutôt
pas confiants |
||
| Télévision |
23 |
133 |
71 |
12 |
239 |
65 % |
35
% |
| Radio |
16 |
166 |
50 |
1 |
233 |
78
% |
22
% |
| Presse
écrite |
45 |
160 |
31 |
3 |
239 |
86
% |
14
% |
| Internet |
3 |
105 |
121 |
8 |
237 |
46
% |
54
% |
N.B. Certains calculs transversaux peuvent ne pas aboutir au total de 239, en raison de l’existence de quelques réponses incomplètes. Toutefois les différences demeurent marginales et n’affectent pas le résultat d’ensemble. (Observation valant également pour les questions suivantes).
On constate que la presse écrite devance largement les autres médias, pour la confiance qu’elle inspire. La radio, puis la télévision inspirent également plus de confiance que de méfiance, tandis que le recours à internet ne paraît pas constituer le meilleur moyen de suivre l’actualité. Il est vrai que ce point aurait dû être précisé au préalable, compte tenu des diverses formes que peut prendre la consultation du web (informations communiquées par les fournisseurs d’accès, sites des organes d’information, sites personnels...) Il serait cependant erroné d’en conclure à la suprématie de la presse écrite aux yeux des consultés, les réponses aux questions suivantes révélant son faible impact sur ce public.
Question 2. Pour chacun des domaines de l’actualité suivants : politique intérieure, politique étrangère, vie économique et sociale, nouvelles locales, faits divers, sports, arts et culture, vous sentez-vous très, assez, peu, ou pas du tout intéressé ?
Domaine |
Sont
intéressés... |
Total |
Bilan |
||||
| Très |
Assez |
Peu
|
Pas
du tout |
Plutôt
intéressés |
Plutôt
pas intéressés |
||
| Politique
intérieure |
21 |
80 |
95 |
37 |
233 |
43
% |
57 % |
| Politique
étrangère |
14 |
71 |
110 |
44 |
239 |
36 % |
64 % |
| Vie
économique et sociale |
40 |
119 |
64 |
16 |
239 |
67
% |
33
% |
| Nouvelles
locales |
61 |
119 |
52 |
7 |
239 |
75 % |
25 % |
| Faits
divers |
57 |
111 |
58 |
11 |
237 |
71 % |
29
% |
| Sports |
75 |
77 |
57 |
29 |
238 |
64 % |
36
% |
| Arts,
culture |
25 |
72 |
105 |
37 |
239 | 41
% |
59 % |
On remarque un engouement certain pour les faits divers, les nouvelles locales, l’actualité économique et sociale (ce qui est la moindre des choses pour un public se destinant en principe à devenir des cadres d’entreprises ou d’administrations), les sports. La politique étrangère, les arts, et la politique intérieure sont moins appréciés.
Question 3. Parmi les journaux télévisés ou les bulletins d’informations suivants, lequel regardez-vous plus volontiers ? (Une seule réponse). TF1, France 2, France 3, Canal+, M6, LCI, I-Télé, autres, aucun.
Ont la préférence, par ordre décroissant : TF1 (cité 93 fois), M6 (70), France2 (34), France3 (16), Canal+ (9), LCI (2), autres (2), aucune (3).
Ces réponses semblent conformes au tableau précédent dans la mesure où elles confirment la prééminence de deux télévisions commerciales (163 réponses sur 239 sondés), dont les journaux font largement appel aux faits divers et assez peu à la politique, surtout étrangère.
Question 4. En attribuant le numéro 1 à la radio que vous écoutez le plus souvent, désignez celle qui a votre préférence : France Inter, France Info, France Culture, France Musique, France Bleu, Europe 1, RTL, RMC, une radio essentiellement musicale du type Fun, Skyrock, etc. (Cette question ne concerne pas seulement l’information mais l’ensemble des programmes).
Ecoutent plutôt une radio musicale : 214 ; RTL : 5 ; RMC : 5 ; France Inter : 3 ; France Info : 2.
Supériorité écrasante de radios aussi peu « informatives » que possible, et qui fait s’interroger sur le pourcentage favorable recueilli par la radio à la question 1.
Question 5. Citez 5 titres de quotidiens d’audience nationale ; donnez le(s) titre(s) de celui ou ceux que vous lisez : -au moins 4 fois par semaine, -1 à 3 fois par semaine, -exceptionnellement. Citez 5 titres d’hebdomadaires ; même question pour : -au moins 3 fois par mois, - 1 à 2 fois par mois, -exceptionnellement. Citez 5 titres de mensuels ; même question pour : -au moins 6 fois par an, -3 à 5 fois, -exceptionnellement.
Cette question jette une lumière crue sur la méconnaissance absolue de la presse écrite. Ici encore on rencontre une contradiction flagrante avec la question 1 : les sondés accordent une large confiance à la presse écrite... mais ne la lisent pas. Et ne la connaissent pas.
Sur, rappelons-le, 239 interrogés, 3 seulement ont été en mesure de citer cinq titres de quotidiens d’audience nationale. Beaucoup ont dû se limiter à 2 ou 3, et plusieurs aucun ! Le quotidien d’audience nationale avait été auparavant défini comme un quotidien paraissant sur l’ensemble du territoire métropolitain, ce qui excluait évidemment les régionaux, mais aussi les gratuits diffusés seulement dans quelques villes (et d’ailleurs pas encore diffusés à Toulon lors des toutes premières vagues de questionnaires).
Parmi les aberrations relevées à cette occasion, un « mélange » entre les titres consistant à indiquer comme quotidiens des hebdomadaires ou des mensuels (aberration existant aussi dans ces deux autres catégories). Toutefois, une sorte de record est atteint par Le canard enchaîné, cité 58 fois comme un quotidien, ce qui pose une autre question sur la compréhension de la langue française. En effet, pour certains, le terme de « quotidien » ne semble pas viser une périodicité mais plutôt un aspect physique. Et cette erreur figure dans près du quart des réponses !
Les quotidiens les plus cités sont : Le Monde (189), Le Figaro (114), Libération (31), Aujourd’hui/Le Parisien (27).
Lisent régulièrement un quotidien (c’est à dire 3 à 4 fois par semaine), 27 personnes. Il faut préciser que dans la grande majorité des cas, c’est le quotidien local. Sur les dernières vagues de questionnaires, faisant suite à l’arrivée des gratuits sur Toulon, il n’est pas rare de trouver également ce type de presse.
Pour les hebdomadaires, 7 sondés seulement ont été en mesure de citer 5 titres généralistes. Il faut préciser que cette enquête ayant pour but de savoir comment la lecture de la presse pouvait concourir à l’enrichissement de la culture générale, il a été systématiquement ignoré les titres spécialisés se limitant à un domaine bien précis : sport, automobile, informatique, etc. Ainsi un sondé a bien cité 5 titres, mais il ne s’agissait que de journaux de programmes de télévision... Un ou deux ont cité des feuilles gratuites d’annonce, ou encore le Journal de Mickey, toutes publications qui ne paraissent pas forcément donner des bases utiles à un étudiant en GEA [2].
Les hebdos les plus cités sont : Courrier International (23), Le canard enchaîné (29, pris en compte seulement quand il était classé parmi les hebdos), Le Nouvel Observateur (23), Paris Match (22).
Déclarent lire régulièrement (au moins 3 fois par mois) un hebdomadaire : 23 personnes.
Enfin, en ce qui concerne les mensuels : en raison de la multiplicité des titres, du caractère encore plus souvent spécialisé que pour les hebdomadaires, les réponses données ne pouvaient être considérées comme représentatives et de ce fait, cette partie n’a pas été dépouillée.
Autres exemples d’aberration traduisant une connaissance approximative de la presse : - évocation de titres disparus : Le Quotidien de Paris, le Matin ; - déformation de titres existants : ainsi l’Express devient l’Expert, et Alternatives Economiques Alternances Economiques ; création de « nouveaux » titres : le Monde magazine...
Question 6. En trois ou quatre lignes, dites pourquoi il vous paraît important d’être bien informés.
Les réponses confirment la « désespérance » qu’on peut éprouver à la lecture de ce qui précède. Défilé de lieux communs (« pour savoir ce qui se passe autour de moi »), entassement de clichés, pas une seule réponse ne dévoile la moindre trace d’originalité. Aucun ne semble avoir conscience de l’utilité d’être bien informé pour l’accomplissement de la carrière à laquelle il se destine, ou tout simplement pour être un citoyen averti. Quelques-uns, on les remercierait presque, ont la franchise de dire qu’ils se moquent royalement d’être bien informés.
[1] Gestion des Entreprises et Administrations, une spécialité de l’IUT.
[2] NDLR : des bases utiles ? Il faut bien se délasser de temps en temps ! Avec une petite queue et des grandes oreilles, pourquoi pas ?