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Carolus dénonce des travailleurs clandestins : les services fiscaux du Var
mercredi 4 janvier 2006
EN ce début d’année, vous avez un besoin urgent d’un timbre fiscal. Cette marchandise est vendue essentiellement par les recettes des Impôts, qui relèvent de la Direction des services fiscaux. On peut –- on devrait — en trouver aussi chez les débitants de tabac, mais vous avez peut-être fait l’expérience. On ne peut plus guère en trouver chez eux. Le bénéfice est peut-être insuffisant pour ces malheureux boutiquiers déjà traumatisés par la hausse des cigarettes.
Donc, dès le 2 janvier, vous vous précipitez rue Saint-Bernard avec l’espoir de faire la précieuse acquisition. Patatras ! Alors que la plupart des services publics fonctionnent, que les services fiscaux fonctionnent aussi, vous découvrez que les recettes sont fermées. Et l’hôtesse qui, elle, travaille, ne peut que vous conseiller de revenir le lendemain, pour le cas où vous n’y auriez pas pensé.
Et le lendemain, ça tombe bien, vous avez à faire dans le quartier entre midi et deux. Vous vous dites donc que ça serait au poil si les recettes étaient ouvertes à cette heure-là, pour vous épargner un déplacement de plus. Pour le savoir, la meilleure chose est de téléphoner. Il vous vient à l’idée que sur votre plus récente feuille d’impôts, il y a le numéro de téléphone du Centre des Impôts. Certes, ce n’est pas lui qui vous intéresse, mais comme ils sont voisins, vous trouverez bien quelqu’un pour vous dire si les recettes sont ouvertes. Il va être midi, vous appelez. Et là, une boîte vocale vous dit que le numéro n’est plus bon. Tant pis, de toute façon ce n’est pas eux que vous vouliez.
Donc, vous plongez dans votre annuaire papier, à la rubrique « administrations de l’Economie et des Finances ». Et là vous trouvez beaucoup de choses, essentiellement les Douanes, mais aucune trace de la Direction des Services fiscaux, et encore moins des recettes des impôts. Inconnus !
Vous n’allez pas vous laisser avoir comme ça, et comme vous êtes moderne, vous sautez sur les pages jaunes d’internet.. Et vous remplissez la grille : activités : administrations ; nom : recettes impôts ; adresse : rue st-Bernard ; localité : Toulon ; département : var. Et la réponse est : « il n’y a pas de réponse ». Ils n’ont pas le téléphone dans ce service ?
C’est déjà assez raide, mais vous vous dites que vous allez vous adresser au bon Dieu plutôt qu’à ses saints en cherchant la Direction des Services fiscaux. Chez les chefs, on doit pouvoir vous renseigner. Miracle, avec ce libellé vous obtenez un numéro rue Montebello. Donc, vous appelez, ça sonne, ça sonne, ça sonne, et, Gaston, y a le téléphon qui son mais y a person qui répond, vu qu’il est midi quarante.
Alors, comme vous êtes malgré tout un partisan du service public, vous ne pouvez pas éviter de vous poser quelques questions. Et puis vous avez peur de passer pour un de ces poujadistes qui trouvent qu’il y a trop de fonctionnaires et qui ne savent pas répondre quand on leur demande dans quel secteur on doit les supprimer. Mais vous vous dites aussi que la mention dans les pages jaunes ne coûte rien à l’administration avec un grand A, que ça n’implique aucun recrutement supplémentaire, et que les grands organisateurs qui la dirigent pourraient commencer par y penser. Vu qu’ils ont fait l’ENA, ils ne sont pas à moitié bêtes.
Et puis, tiens, puisqu’il est dit que la machine à décerveler doit fonctionner aujourd’hui, vous avez allumé la télé, et vous entendez, le hasard fait bien les choses, un leader syndical qui dit : « il n’y a plus de secteur public quand les services publics ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins des usagers ». On allait le dire.
Carolus
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