AVEC la professionnalisation du rugby, les joueurs et les clubs peuvent désormais bénéficier de prestations semblables à celles intéressant n’importe quel salarié ou entreprise.
On compterait actuellement dix-neuf joueurs blessés parmi les quarante qui composent l’effectif du Rugby Club Toulonnais, avec autant d’arrêts sur prescription médicale. La bonne nouvelle pour les finances du club, c’est que les salaires des amochés sont pris en charge par la caisse d’assurance maladie. C’est toujours ça de gagné, quelques canapés et petits fours en plus pour la soirée inaugurale de la prochaine saison.
Mais on comprend qu’un tel pourcentage de blessés affole l’organisme payeur. Celui-ci aurait, par courrier, proposé une expertise au RCT. En substance : « trouvons ensemble des solutions pour réduire le nombre d’accidents au sein de l’entreprise ». Réduire l’engagement physique ? Changer de spécialité, opter pour le scrabble ? Les courriers-type dégagent toujours une certaine forme de poésie.
Il paraît que le staff a bien rigolé à la lecture de la lettre. Tant mieux, parce que les occasions de se marrer ne sont pas très nombreuses. On se souvient des paroles estivales de Jean-Claude Ballatore : « le rugby à Toulon était en pénitence. Tout le monde baissait la tête, comme quand on est coupable de quelque chose. La montée a fait lever les mentons. On a retrouvé orgueil et ambition » [1]. Depuis, les mentons des joueurs restent en l’air. C’est normal : quand tu es tout en bas dans les profondeurs, il vaut mieux lever la tête si tu veux voir quelque chose.
[1] Libération, 19 août 2005.