LE Point s’est fendu d’un encart de 16 pages pour compléter son édition du 22 septembre 2005, intitulé "Toulon, le bond en avant". Evidemment, au delà des limites varoises, le supplément n’existe plus.
Besançon a droit elle aussi à sa campagne promotionnelle à l’occasion du même numéro. Si vous n’êtes ni Toulonnais ni Bisontin, il faudra attendre encore un peu mais rassurez vous, Le Point, L’Express, Le Nouvel Obs, L’Expansion ou d’autres parleront bientôt de vous dans le journal.
Question : où les newsmagazines trouvent-ils leur motivation à dépêcher des pigistes en province et concocter ces quelques pages surnuméraires ?
Ne cherchez pas l’intention journalistique, la réponse est sonnante et trébuchante. Les sujets locaux améliorent notablement les ventes locales, disons de quelques milliers d’exemplaires. Quand vous publiez chaque semaine deux ou trois suppléments de ce type sur des villes, des départements ou des régions diverses, les chiffres annuels explosent. C’est pourquoi le Point et ses confrères poursuivent leur tour de France. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’augmentation des ventes n’améliore pas directement la trésorerie des journaux, ou alors de façon marginale. Par contre, le titre qui bénéficie en fin de saison des plus grosses ventes au palmarès de l’OJD (Office de Justification de la diffusion) séduira sans doute le plus grand nombre d’annonceurs. Plus de ventes cette année égale plus de pub l’année prochaine. Voilà l’équation qui permet d’améliorer sensiblement la trésorerie !
Bien sûr, ces mécanismes ne nuisent pas au bon goût. Tout le monde peut en profiter. Le supplément toulonnais du magazine administré par l’inénarrable Franz-Olivier Giesbert est, de ce point de vue, remarquable. Interview de Falco, programmes officiels, revue de notables [1], on n’est pas loin de la vulgaire propagande municipale. C’est bien, parce que cela permet d’insérer quelques pubs institutionnelles dans l’encart spécial : une demi-page achetée par l’agglomération Toulon Provence Méditerranée (avec une deuxième photo du maire à la clé), une page entière achetée par la ville de Toulon (avec une troisième photo de Falco à la clé), et une autre pleine page achetée par le Conseil général du Var.
[1] Même Cuverville est cité, mazette !