EN ce dimanche 28 août, pour ceux qui ne savaient quoi faire de leur journée, après la sortie de la messe, la sortie de table et la sortie de sieste, il restait la commémoration de la libération de la ville de Toulon. 61e anniversaire synonyme de strict minimum, après le faste du 60e anniversaire du Débarquement l’an dernier en présence de l’illustre président Chirac.
A la périphérie des célébrations officielles, les nostalgiques de l’Algérie française se sont retrouvés à 16h au tout nouveau carrefour Salan. Il ne s’agissait pas vraiment d’inaugurer la nouvelle plaque, mais comment faire autrement. L’assemblée d’une cinquantaine de personnes réunissait pêle-mêle : Mme Ruvira adjointe au maire et toujours fidèle à ses compagnons algérianistes, un fan de Michel Sardou vêtu d’un chapeau de brousse, d’un short de la coloniale et de pataugas usagées, un jeune homme adhérent de l’église Pie X déguisé d’une chemise Vichy, d’un bermuda bleu marine et de bateaux, ainsi qu’une myriade de bérets rouges et verts, qui au bout d’une demi-heure sous le soleil viraient à l’écarlate et transpirant leur eau de Cologne sous les aisselles... Tous avaient devant leurs yeux non plus un général mais un colonel !
Le fils du général Zeller prit la parole pour rappeler combien le dénommé Salan était un grand militaire et comme le même Salan avait animé la "résistance française" en Algérie. Confusion des mots, confusion des genres. Tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsque brusquement une petite dame boulotte prit la parole pour s’indigner de la dégradation du général, de la couardise de M. Falco qui avait changé la plaque et du gouvernement gaulliste, crénom de non ! Ni une ni deux, les porte-drapeau de la Maison du Combattant tournèrent les talons, déplorant le virage politique de la manifestation (à vrai dire, votre obligé avait l’impression depuis le début d’une ligne droite politique, mais bon). Confusion, énervement, des anciens combattants se froissent un peu le veston, la petite dame boulotte disparaît.
Le mot de la fin sera donné par le maître de cérémonie : "on est de toute façon mieux entre nous". Comme d’habitude...