LAROUSSI Oueslati présente le symptôme d’une maladie souvent diagnostiquée chez les élus pétris de leur propre envergure : il peine à faire la distinction entre l’institution qu’il est parfois chargé de représenter, et lui-même. Témoin le mail indigné bouquet garni que le vice-président de l’USTV [1], au coeur de la tourmente (voir le dossier que nous avons consacré à la question), a cru bon devoir adresser à la communauté universitaire le 28 juin dernier :
« comme vous avez pu le constater, notre institution a été victime d’une campagne diffamatoire alimentée par quelques collègues animés par une intention de nuire. La campagne médiatique commençait par le biais d’un journal satirique rédigé et diffusé par des "pseudo-journalistes" en réalité personnels de l’I.U.T. Ces derniers n’hésitaient pas à produire le contenu de documents administratifs frauduleusement soustraits avec la complicité de certains agents. Ces documents couverts par les règles déontologiques du devoir de réserve et de discrétion de l’administration, étaient alors diffusés parmi des allégations mensongères. Outre des propos diffamatoires et injurieux, les rancoeurs récurrentes et les conflits internes étaient livrés au grand public [...] Ces comportements indignes de la fonction publique s’opposent manifestement aux intérêts et à l’image de l’université, surtout en période d’inscriptions [...] ».
Pour bien comprendre à quoi le vice-président fait allusion, il faut savoir qu’un bénévole de Cuverville bosse à la fac, le con. Obligé désormais de courber l’échine et recevoir les cours de déontologie des plus éminents gardiens du temple.
Qu’est-ce qu’un vrai journaliste, par opposition à un pseudo ? Un titulaire de la carte de presse qui ignore le chaos ambiant et se poste à côté du fax en attendant les communiqués institutionnels ? Qui donne des cours à l’USTV sous le haut patronage de Saint Albert Londres ?
En tout cas, tandis que les vrais journalistes de la presse écrite et radio locales s’occupent des vrais problèmes (affaire Johnny Hallyday, tendances bikini 2005, nouvelle spécialité culinaire : la raviole du Las), des pseudo-journalistes de la presse nationale n’hésitent pas à diffamer, injurier, reprendre à leur compte des documents frauduleusement acquis : le Canard enchaîné, par exemple, donne un condensé de l’affaire sous le titre « Une fac en rade à Toulon » dans son édition du 29 juin. Un mauvais coup pour la Présidence de l’Université, qui invite ce soir même le Conseil d’administration à revenir sur le compte financier 2004.
DC
[1] USTV : Université du Sud-Toulon-Var. Laroussi est par ailleurs conseiller régional (PACA) et conseiller municipal (Toulon) sous le label "radical de gauche".
