CELA se passe à la Seyne sur mer à la fin du printemps. Le Conseil municipal du 9 juin prévoit de confier la gestion des paillotes de la plage des Sablettes à des exploitants privés. Par "délégation de service public", après l’annulation de celle votée en 1999 pour vice de procédure (décision du tribunal administratif de Nice, juin 2004).
Mais l’opposition s’inquiète des résultats de l’appel d’offre, tel le socialiste Patrick Martinenq dans une bafouille adressée au maire : « je me permets, après avoir pris connaissance des dossiers, d’attirer votre attention sur la participation à l’appel d’offre et, au terme de la procédure du marché, l’attribution du lot n°1 [...] à l’un des Membres du Conseil municipal. En l’occurrence, il s’agit de Mme Sabine Baroux, déléguée au tourisme ».
Certaines mauvaises langues des Sablettes poussent le bouchon en prétendant que l’élue a déjà pris des mesures pour préparer de futurs aménagements — la saison touristique approche à grands pas —, alors que le Conseil municipal n’a pas encore statué sur l’attribution de "son" lot. Et Martinenq de poursuivre : « vous n’êtes pas sans savoir l’article 432-12 du Code pénal consacré au délit de prise illégale d’intérêts, dont la philosophie générale est de réprimer toute collusion réelle, apparente ou même supposée d’un intérêt public avec un intérêt privé [...] Il me semble que la Commission de délégation de service public, réunie le 13 janvier 2005, aurait dû déclarer irrecevable la candidature de notre collègue. Je regrette par ailleurs l’absence, à chacune des réunions de la Commission, du représentant de la Direction Départementale de la Concurrence et de la Répression des Fraudes. La présence de Mme Baroux dans ce marché ne garantit pas l’égalité des chances entre les candidats. Pour preuve, quand vous écrivez, dans le "Rapport du représentant légal de la collectivité", page 4, concernant les motifs du choix des candidats, au sujet du lot n°1 : "le projet proposé par Mme Baroux... est conforme à la politique touristique de la ville de la Seyne sur mer". En effet, Mme Baroux, en tant que Conseillère municipale déléguée au tourisme, définit et participe à la gestion communale du tourisme » [1].
Pour répondre aux inquiétudes de ses opposants, vu que le courrier ne se limite pas à la lettre de Martinenq, le roi Arthur attend la réunion du Conseil municipal. « Si quelqu’un peut apporter la preuve d’une magouille, qu’il le fasse ! [...] Il n’est nullement interdit à une élue d’exercer une activité commerciale sur une structure communale » [2]. Droit dans ses tongs, le maire retire pourtant la délibération de l’ordre du jour.
Et le dossier part en sucette : le 21 juin, on apprendra que la délégation de service public n’est plus d’actualité. Les paillotes resteront closes.
Et maintenant, un petit jeu.
Devine, ami lecteur, qui des frères ennemis de l’opposition seynoise a levé le lièvre en premier. La section Jean Jaurès du parti socialiste, menée par Patrick Martinenq et adoubée par chef Alfonsi ? Ou bien les dissidents de la Seyne socialiste ("Gauche unie"), conduite par Sylvie Guérin, Marc Vuillemot et Jean-Luc Bruno ?
Martinenq : « le maire M’a donné raison en retirant cette délibération ». La Seyne socialiste : « Marc Vuillemot a alerté le maire sur un risque de prise illégale d’intérêt à propos de l’attribution des "lots de plages" des Sablettes. La délibération a été retirée. ». C’est Moi que Je.
Les représentants de la Seyne socialiste réagissent physiquement à la tentative d’appropriation du dossier par l’arriviste Martinenq : montée d’herpès et poussée d’ulcère.
De son côté, Patrick n’est pas dupe des manoeuvres des renégats de la Seyne socialiste : « Arthur Paecht se croit tellement au-dessus des lois, qu’il est prêt à faire n’importe quoi. Bafouillant de rage, m’invectivant, il a montré encore une fois son vrai visage. Celui d’un autocrate qui n’accepte pas le débat et qui, à court d’argument, salit son opposant, tout en passant la brosse aux socialistes de connivence » [1].
Pas de doute. L’alternance, à défaut du pédalo, est en marche.
A lire ici, des éléments pour comprendre la discorde socialiste.
[1] Sur le blog de Patrick Martinenq.
[2] Rapporté par la Marseillaise, 11 juin 2005.