CHARLES Bottarelli, chroniqueur bien connu de nos services, vous propose cette causerie à la suite de laquelle il dédicacera son bouquin sur le même thème.
Lundi 9 mai 2005, 18 h, Relais Peiresc (Toulon). Entrée libre.
« Lorsque Pétain accède au pouvoir en juin 40, les habitants de l’aire toulonnaise sont comme tout le monde. Ils pensent que le vieux soldat, auréolé de ses faits d’armes de la première guerre mondiale, va rapidement les tirer d’affaire. Mais ils vont vite perdre leurs illusions. Ils se trouvent confrontés aux restrictions qui ne sont pas seulement alimentaires, mais qui touchent aussi les libertés fondamentales. Pendant que le pouvoir pétainiste tente de donner l’illusion qu’il maîtrise la situation au prix d’une réglementation tatillonne et par la mise en place de réseaux à sa dévotion, les habitants de l’aire toulonnaise se débrouillent comme ils peuvent pour manger, se déplacer, voire se distraire. Par rapport à d’autres cités plongées dans les mêmes difficultés, l’aire toulonnaise présente une particularité déterminante : c’est que l’Arsenal est devenu un enjeu considérable, l’occupant commençant à y élaborer une base pour ses sous-marins. C’est pourtant dans l’Arsenal, et aussi dans l’autre pôle industriel des Chantiers de La Seyne, que vont s’édifier les premiers réseaux de la Résistance. En quatre ans la ville s’est vidée des trois quarts de ses habitants, et le 19 août 1944, les premiers libérateurs, les tirailleurs algériens appuyés par les FFI, arrivent par le hameau des Pomets dans une ville massacrée qui ne sera vraiment libérée qu’à la suite d’une semaine de combats.
La conférence –comme le livre- s’intéresse moins à l’aspect militaire, qui a déjà été traité, et fort bien, par d’autres, mais s’attache plutôt à décrire ce que fut la vie au jour le jour du citoyen ordinaire durant ces quatre années hors du commun ».