LES Toulonnais l’avaient perdu de vue à la fin de la mandature frontiste, après que lui-même se fût endormi une énième fois en pleine séance du conseil municipal. Pourtant les actions de ce brave homme frisaient la bravoure, l’audace, la rupture comme on dit aujourd’hui.

En juillet 1989, l’ami Goetz, alors conseiller municipal en charge de l’environnement sous Trucy, fait copieusement arroser les terre-pleins des plages du Mourillon d’un mélange d’eau et de produit désinfectant pour en éloigner vagabonds et amoureux. En mars 2001, huit jours avant le premier tour des municipales, Philippe inaugure aux côtés de Leuch une plaque en l’honneur du général Salan.

Janvier 2008 : les élections cantonales approchent et il faut assurer la pitance. L’homme n’a rien de l’aigle napoléonien, il est plutôt du genre coucou à piquer le nid des autres. C’est ainsi que l’édito de sa lettre met en avant des aboutissements de projets qui, sans lui, n’auraient jamais pu voir le jour. L’hôpital Sainte-Anne, la Tall Ships’ Race, le éRCéTé, que du lourd ! Idem quand il s’agit de parler de la gestion partenariale du Faron (gestion sous tutelle de l’agglomération) et dont aucun groupe de travail ne lui incombe. Idem bis au sujet des Archives Départementales qui ouvriront au plus tôt leurs portes en 2020 (le concours d’architecte sera lancé en 2009) sur le site Descours et Cabaud, à 200m de la gare SNCF.

Philippe Goetz prépare son avenir immédiat avec d’autant plus de vigueur qu’un prétendant s’est déclaré. Il est de droite lui aussi, il est neuf lui aussi, il pratique la rupture lui aussi. C’est Jean-Pierre Colin. Ce fringant quadra, au demeurant fort aimable, se lance dans la quête d’un poste ô combien stratégique. Détenir un canton, c’est comme un emploi fictif sauf que c’est légal. Peut-être que Jean-Pierre souhaite se faire élire au Département afin d’abolir cette entité désuète, rongée par la communauté d’agglo et la Région mais toujours détentrice des budgets accordés par l’Etat, en attendant que les Conseils régionaux repassent à droite. Ne nous égarons pas. Revenons à notre mouton.
Jean-Pierre est depuis tout petit dans la politique. Son patronyme fut porté par un immense représentant de l’Arreckxie : Daniel Colin. Mais si le père est de la génération Maurice, le fils se réclame de la génération Nicolas.
Enfin, précisons qu’il a aussi été Directeur de cabinet du maire Trucy avant que le FN ne s’empare de Toulon, ce qui ne nous rajeunit pas. Il était absent depuis une quinzaine d’années, occupé à défendre son honneur devant les tribunaux et la Chambre régionale des comptes. Mots clé : SEMTAD et TOCO. Comme il est désormais lavé blanchi et qu’il a pu révéler l’odieux complot organisé contre lui et ses camarades de jeu, nous ne reviendrons pas sur ces douloureux dossiers. Donc, Le sémillant Jean-Pierre se revendique de centre-droit et pour le novice qui se demanderait "c’est quoi le centre droit ?", ben c’est l’attachement "aux valeurs libérales, européennes et sociales", démerde-toi avec ça ! De façon plus prosaïque, le Centre Droit a toujours soutenu le chanoine présidentiel (dixit JP). Son attachement est tellement viscéral qu’il co-présida la réunion du Nouveau Centre lorsque M. Morin vint à Toulon. Ici "soutien" est synonyme de "laisse" et "Nouveau Centre" de "sous-UMP". Wouaf ! Wouaf !
Colin se veut proche des gens, il se montre très touché par le caractère villageois de son canton. C’est dans cet esprit qu’il remet au goût du jour les visites chez l’habitant. Un vrai petit Giscard, un vrai petit UDF, un vrai petit Colin.

