Cuverville a reçu un communiqué de l’association des Amis de la Chasse Responsable et Durable (ACRED - fédération varoise). Nous reproduisons ici ce texte, transcription d’une intervention prononcée devant l’assemblée générale ordinaire par le président Robert Molinari (7 mars 2006).
CHERS amis,
C’est avec gravité que je voudrais exposer ici les derniers éléments dont je dispose. Vous n’êtes pas sans savoir qu’une dangereuse épidémie — que dis-je : une pandémie — menace nos territoires. Rassurez vous, je serai bref, et quand je vois le somptueux buffet qui nous attend, je me dis : Robert, pour une fois, sois le plus bref possible [rires]. Je vous demande d’ailleurs de saluer comme il se doit l’aimable contribution de notre adhérent, ami et néanmoins caviste Jean-Michel Lafourcade qui ne vient jamais les mains vides, et nous gratifie aujourd’hui de trois cubitainers de Côtes de Provence — dont un de vin rosé, délicate attention en direction de nos adhérentes — [applaudissements nourris]. Merci pour lui.
Avant de poursuivre, je tiens à préciser que mon intervention s’inscrit en complément du bilan moral de notre association. Le contexte est favorable au développement de l’ACRED. Je veux parler du nombre d’adhérents et des subventions que nous pourrons obtenir de nos collectivités locales. Par contre, je le réaffirme, nous devons aborder cette conjoncture avec humilité et responsabilité. Evitons tout excès que nos adversaires sauraient utiliser à nos dépends. Chers amis, je le dis : la chasse n’est plus comme hier le passe-temps anodin de quelques randonneurs de l’aube et autres rêveurs de sous-bois. Le devoir nous appelle. Les cas de contamination se multiplient, et si je refuse de m’associer aux alarmistes qui pressentent une généralisation, je dois néanmoins vous informer que le virus a été détecté sur un gabian à moins de 100 kilomètres d’ici... [Rumeurs, exclamations] ...Je rappelle que cette saloperie a déjà causé la mort de près de 100 personnes dans le monde depuis 2003, ce qui est énorme. La lutte est acharnée, la prévention et la vaccination ne suffiront pas. Nous avons une place à prendre dans cette guerre, mes amis. Oui, je sais : nous n’avons pas encore gagné celle qui nous oppose au sanglier et nos terres agricoles sont toujours en péril. Mais le virus survole nos taillis, nos lacs, nos maisons, nos villes. Entendez-vous dans les campagnes le piou-piou des féroces canards colverts qui viennent jusque dans nos bras contaminer nos fils et nos compagnes ?
Je ne veux pas sombrer dans l’alarmisme, disais-je, car j’ai entièrement confiance en la sagacité et la compétence de notre gouvernement. Même s’il ne revendique pas la promotion de nos Traditions comme fer de lance de sa politique, nous lui savons gré d’avoir su reconnaître et défendre la réalité des actions des chasseurs en faveur de l’environnement, et ce contre les lobbys faussement écologistes de Bruxelles [remarque dans l’assemblée : « un canard, ça fait pas plutôt coin-coin ? »]. Mais il faut bien admettre, sans noircir le tableau outre mesure, que la panique gagne la population. Le gouvernement a bien compris les enjeux, mesuré ses moyens et jouera assurément notre carte, car qui mieux que nous pourra seconder le bras séculier de la République ? [Question inaudible] Non jeune homme : ni le ministre de l’Ecologie ni le ministre de la Santé ne se sont encore officiellement prononcés sur le sujet. Mais certains silences ne trompent pas. Il est de notre devoir de les entendre.
Si je m’adresse à vous ce soir, c’est aussi pour transcender cet espace, pour que par ma voix vos revendications parviennent aux oreilles de nos responsables politiques. Qu’ils sachent que nos fusils sont prêts à neutraliser les pigeons et autres oies cendrées de sinistre mémoire. Qu’ils sachent que nous ne baisserons pas les bras — sauf à garder la position légale du fusil dans l’attente de sa cible, bien sûr — [rires] ...Et que nous restons au service de la collectivité. [Question inaudible] Les chats ? Mais cher ami, nous n’avons que deux bras ! [Rires] Votre question est néanmoins pertinente, et il faudra bien qu’un jour quelqu’un se la pose, nous la pose. Je le dis avec force et courage : nous sommes aussi prêts à neutraliser les chachats s’il est avéré qu’ils représentent un danger pour la mémère. Il me semble d’ailleurs que les plus récentes études scientifiques en attestent mais là encore, sachons raison garder et attendons de plus amples analyses.
Mes amis, avec la crise, la pertinence de nos revendications apparaît donc de façon éclatante. Oui, l’obtention du permis de chasse est beaucoup trop difficile, et l’exigence des pouvoirs publics doit être revue à la baisse car sans vouloir céder à l’alarmisme, une étude de l’INSEE montre qu’il y a encore en France beaucoup plus de pigeons que de fusils. C’est excessivement inquiétant. Autre revendication : nos situations professionnelles ne permettront pas à la plupart d’entre nous de combattre efficacement la pandémie, à moins d’obtenir des autorisations légales et de substantielles compensations financières pour nous permettre de déserter nos entreprises le temps qu’il faudra. Chers amis, je conclurai sur ce point en vous invitant à signer la pétition placée à côté des cubis. Nous l’enverrons ensuite à notre fédération nationale, au ministère et à Var matin. Et maintenant, place au buffet [applaudissements nourris].
24 février 2006, communiqué de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) : « Alertée par nombre de ses adhérents, la Ligue pour la Protection des Oiseaux a appris que des tirs aux pigeons vivants étaient organisés en pleine ville, dans le Tarn et Garonne et la Haute Garonne, les municipalités justifiant leur arrêté par la nécessité de réduire la population de pigeons ».
7 mars 2006, communiqué de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) : « Bruxelles. La psychose entourant la grippe aviaire vient d’atteindre un point culminant dans la commune de Dilbeek où le bourgmestre, Stefaan PLATTEAU, a chargé des chasseurs d’abattre une centaine d’oiseaux fréquentant l’étang de Schepdaal. C’est suite à la demande d’un éleveur influant de la Bullenbergstraat que le bourgmestre de Dilbeek a ordonné l’abattage d’une centaine d’oiseaux domestiques et sauvages autour de l’étang de Schepdaal (Brabant flamand). L’éleveur craignait que les oiseaux n’infectent ses vaches ».