IL semblerait donc qu’il y ait un sacré espace pour une presse locale d’opinion !
La physionomie de notre ville témoigne d’ailleurs de toutes ces évolutions. Après la version oasis rive droite et sa plantation de palmiers, les feux d’artifice géants version capitale branchée, une nouvelle explosion du budget municipal : cette fois c’est un voyage dans le grand Nord que nous propose notre maire. Pour un peu, Toulon deviendrait L’île fantastique, ce royaume enchanteur où tout est possible : d’un coup de baguette TPM magique, dans une luxuriante imitation parisienne, nous abordons le pays du Père Noël ! Histoire que les Toulonnais, le coeur illuminé, n’oublient pas de se réchauffer et d’aller fêter la sinistrose ambiante au coeur des magasins.
Le problème avec Hubert, c’est le bon goût ou le goût tout court. Une esthétique de l’outrance, un néobaroque aux accents hyperboliquement polychromés diraient les critiques d’art contemporain. "Il en fait carrément trop, il nous prend pour des fèves !" entendons-nous, par ici, du côté du port. "De 500 à 700 motifs lumineux entre Noël 2001 et 2002 !" annonce Toulon Méditerranée Magazine. Un journal très utile d’ailleurs, où le maire apparaît en photo 8 fois sur 10 pages, plein de chiffres sur l’argent que l’état et les amis parisiens du maire vont donner en cadeau de Noël aux Toulonnais (question dépense, Hubert est plutôt pour la centralisation), il y manque juste les chiffres du budget espaces verts. Parce que les rédacteurs, ce ne sont pas des fèves, eux !
Faut dire qu’on est vernis à Toulon : on a un maire infiltré en haut lieu ! Comme il le confiait, avec émotion lors de sa nomination parisienne, dans un message d’adieu à l’une de ses nombreuses présidences : "C’est à Paris que je défendrai les intérêts de Toulon". Et le dire, c’est le faire ! Cuverville vous renvoie à la lecture de ces articles politiques du mois et aux visites généreuses des ministres-copains Borloo et Mattéi. Hubert les bons tuyaux monte plutôt deux fois qu’une se faire connaître avant le prochain remaniement ministériel et nous redescend tout inspiré avec en prime une poignée de ministres dans sa hotte.
Pendant ce temps, le monde va : le discours sécuritaire gangrène les analyses politiques de tous bords et la télé donne à Sarkozy 100 minutes de plus pour convaincre de son bien-fondé, la guerre en Irak se précise et les observateurs de l’ONU de retour à New-York se font subtiliser quelques heures, par une délégation américaine, le rapport sur l’armement irakien. Sans doute pour droit de préemption à photocopies.
L’on se prendrait à regretter L’île fantastique, Ricardo Montalban et Tatoo, une gloire toulonnaise partie faire fortune outre-Atlantique : le temps d’un week-end, l’ONU serait toute puissante et les hommes politiques "nous prendraient plus pour des fèves !"
La rédaction de Cuverville souhaite à tous ses lecteurs d’excellentes fêtes, de saines détentes ou de bons spectacles et rappelle que le dimanche ça peut aussi servir à ne pas aller s’agglutiner aux Carrefour du coin.