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Régionales 2010 : un nouveau fauteuil pour le cumulard Hubert Falco

lundi 1er mars 2010
par Saint-Just

Sous Napoléon III, Le dictionnaire Littré définissait la démocratie comme un état de société qui exclut toute aristocratie constituée, mais non la monarchie. Le premier magistrat de Toulon est en ce sens un monarque démocrate. Qui étend son pouvoir jusqu’aux Régionales.

CELA ne lui suffit pas. Le déjà maire de Toulon, président d’agglomération TPM, président honoraire du Conseil Général du Var, secrétaire d’État à la Défense et aux anciens combattants, sénateur du Var quand il quitte le gouvernement, brigue un nouveau mandat : celui de conseiller régional. Mandat qu’il obtiendra à coup sûr puisqu’il est tête de liste dans le Var : s’il ne devait y en avoir qu’un, ce serait lui ! Hubert Falco — tout le monde l’aura reconnu — est décidément Übermensch. S’il avait été tête de liste régionale et qu’il avait perdu contre Michel Vauzelle, il aurait connu sa première défaite. Mais là, même une défaite de l’UMP en PACA ne lui fera pas d’ombre. Un courage qu’il avait déjà affiché en t-shirt et tongs.

Le commun des mortels ne disposant que de 24 heures dans une journée pour accomplir correctement ses tâches — l’une d’entre elles étant de se reposer —, Hubert ne pourra octroyer que moins de cinq heures de son temps quotidien à chacun de ses mandats [1], à condition de ne jamais dormir. Sachant que deux de ses fonctions nécessitent une présence à Paris, qu’il faut 4 heures pour faire Paris-Toulon en TGV, que M. Falco divise sa semaine en deux soit un aller-retour par semaine, combien de temps Hubert passe-t-il devant ses dossiers ? Ah mais oui, Hubert fait le voyage en avion ! Et puis il peut travailler pendant le voyage. Et puis conjuguer les mandats locaux et les mandats nationaux est un bon moyen pour le patron de rester au contact de la populace réalité. Et puis, il travaille même le dimanche. Et puis surtout il délègue ses fonctions à des conseillers dont les trombines ne figurent pas toujours sur les affiches électorales.

D’après M. Falco lui-même, son salaire est de 11.000 euros brut... ou net, tout ça c’est un peu la même chose. Devant les caméras de Canal+, il s’emmèle les pinceaux. Il faut dire qu’il n’a pas toujours avec lui ses cerveaux, le sémillant Patrick Heintz ou le discret Robert Cavanna, pour lui souffler les réponses. Décortiquer tous les salaires (hors primes et indemnités) de toutes les fonctions d’Hubert prend de la bande passante : sénateur (7.000 euros), maire (plus de 5.000 euros), président d’agglomération (plus de 5.000 euros), secrétaire d’Etat (13.000 euros), conseiller régional (plus de 2.000 euros). Travailler plus pour gagner plus. Alors bien entendu il ne touche pas tous les salaires liés à ses mandats. Nous apprenons sur le site politique.net, qu’une loi de 1992 fixe une limite dans le cumul de salaires : en théorie, un responsable politique ne peut cumuler plus de 8100 euros de salaires. Sauf que cette même loi prévoit que « si un homme politique dépasse le plafond de 8.100 euros, il peut désigner un de ses collègues pour lui reverser le trop plein perçu. C’est le principe du "reversement" : un élu local peut verser le surplus de ses indemnités à un autre élu local de son choix. La loi de 1992 n’est donc pas destinée à faire des économies à l’Etat, mais à mieux répartir la richesse entre élus. Par conséquent, un député-maire qui cumule plus de 14.000 euros de revenus par mois, peut désigner un autre élu pour que celui-ci perçoive les 6.000 euros de surplus. Rien ne se perd donc, et tout se cumule de manière déguisée pour peu qu’on soit entouré d’un réseau d’élus de confiance. »

En tout cas devant tant de travail, tant de trajets, tant d’abnégation, vous autres employés précaires de chez Ikéa, caissières à temps partiel de chez Auchan et autres chômeurs en fin de droit feriez mieux de remballer vos complaintes et de prendre exemple. Enfin bon. Si vous vous contentez de voter pour lui, ce sera déjà pas mal.

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[1] nous ne retenons pas le poste au CG puisqu’il s’agit juste de la cantine petits-fours-inaugurations-chrysanthèmes, mais nous pourrions ajouter son poste de directeur du Conseil d’Administration du Centre Hospitalier Intercommunal de Toulon-La Seyne.

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