Toulon : les sirènes de l’extension universitaire
Notre centre-ville se meurt depuis toujours de l’absence de jeunes et d’étudiants. Pas de vie nocturne, aucune ambiance, une activité culturelle réduite, seulement une vie commerciale le jour, mais la sinistrose dès le soir tombé. Avoir 20 ans à Toulon, c’est être contraint d’aller au Mourillon si on souhaite boire un verre. Les concerts, c’est au Bar à Thym, sinon il faut quitter Toulon. Qui a trainé un tant soit peu ses guettres hors notre chère cité sait combien la richesse culturelle et l’ambiance de villes comme Aix ou Montpellier, reposent sur les étudiants. Je trouve hallucinant, alors même que la vraie aberration est cette université excentrée dans la zone commerciale sinistre de la Garde, qu’il y en ait pour critiquer un projet qui a au moins le mérite de redonner un peu de vie à Toulon. Le jour où les étudiants vivront en centre-ville, ce jour-là nous aurons une ville digne de ce nom. Mais on peut bien sûr préférer le statu quo made in Arreckx, souhaiter qui rien ne change, que la vie à Toulon soit réservée à la bourgeoisie mourillonaise, que la dalle reste la dalle, et que notre cher centre-ville reste le chicago de toujours, avec ses bars à putes et ses sandwicheries. Mon Dieu, qu’on est con parfois, et je ne m’exclus pas nécessairement du lot, mais si même Cuverville commence à penser à l’envers, on n’est pas près d’arriver.