VOICI le "billet" de Philippe Bouvard publié en Une du quotidien varois le 1er octobre 2001.
Le texte s’intitule "Sous le manteau" :
"C’est une scène, mille fois répétée et que les journaux télévisés ne nous laissent plus ignorer : alors qu’ils viennent d’avouer leurs crimes ou d’être condamnés, des assassins ou des violeurs ressortent d’un palais de justice ou d’un véhicule de la gendarmerie le visage caché par un manteau, un blouson ou une couverture de service.
On admet la honte des coupables. On comprend moins bien la mansuétude de la maréchaussée enchaînée à ces cagoulés d’un nouveau genre.
Car n’est-ce pas une façon d’échapper à une partie de l’exemplarité publique devant accompagner toute sanction grave que d’être autorisé à dissimuler ses traits, à ses contemporains ?
Sans compter que, libérés parfois prématurément, certains maniaques sexuels pourront récidiver sans risque - et pour cause - d’être reconnus et identifiés."
Philippe Bouvard, 74 ans, né à une époque où l’on guillotinait en place publique à fin "d’exemplarité", ne se décide toujours pas à partir à la retraite pour le bien de tous. Voilà ce qui arrive quand on valorise un peu trop systématiquement le travail. Quoique évoquer ce mot (travail) soit en la matière insultant pour l’activité des vrais journalistes, ceux qui sont censés remplir les journaux.
Nice-matin ouvre ses colonnes à la grosse tête. Car la nation manque cruellement de jeunes éditorialistes de talent. A lire ses propos, Bouvard a dû trouver géniale l’idée du quotidien britannique the Sun qui, en pleine hystérie collective liée à la disparition de deux fillettes, publiait régulièrement les portraits et coordonnées de présumés "maniaques", de fait abandonnés à la vindicte et au lynchage publics. Une façon comme une autre de concevoir la justice. Et la presse de proximité.
Sur tous les fronts du journalisme
Selon nos sources, Philippe Bouvard serait pressenti pour animer les pages d’un autre quotidien spécialisé dans le bon goût.