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Université du Var : vacances ou vacuité ?

vendredi 18 août 2006

LE petit happening par lequel l’Université du Var a régalé le public l’an dernier n’a pas suffi a remettre la machine sur les rails. Pendant la pagaille, la carence continue. Un exemple.
Vous êtes enseignant vacataire. L’an dernier déjà, vos vacations accomplies depuis septembre 2004 vous ont été réglées en ...août 2005. Alors, naïvement, vous vous êtes dit que, cette année, vu le bruit que cela avait fait, il y aurait peut-être un début de semblant d’amélioration. D’ailleurs, comme vous êtes borné, vous vous demandez bien pourquoi on attend la fin de l’année universitaire pour régler tout en bloc, alors qu’on pourrait faire un paiement partiel en cours d’année. Trop fatigant, peut-être ? Et c’est sans illusion que vous avez vu arriver le mois de juin tout en espérant qu’au lieu de percevoir votre année de vacations en août, vous l’auriez en juillet. Un mois de mieux, compte tenu de la réactivité de la boutique, c’est l’équivalent d’une année lumière. D’ailleurs, vous aviez puisé le renseignement au secrétariat qui vous avait promis croix de bois-croix de fer, que vous auriez votre virement fin juillet.
Il fallait s’y attendre, le 16 août vous constatez que vous n’avez pas perçu un fifrelin. Que peut-on faire lorsqu’on a un problème avec une administration ? Chez les usagers normalement constitués, on téléphone. Donc, vous tentez de téléphoner. Cette opération à destination de l’Université du Var est une expérience à faire au moins une fois dans sa vie pour la richesse des enseignements qu’on en retire.
D’abord, la moindre des choses, vous faites le numéro du standard. La boîte vocale qui tient lieu de standardiste vous informe que « le standard est ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h à 17h. » Voilà qui tombe bien, nous sommes mercredi et il est 14h30, en plein dans la plage. Oui, mais aussitôt vous vous demandez pourquoi, le standard étant « ouvert », c’est une boîte vocale qui vous répond. La logique universitaire ne doit pas être la même que celle du commun des mortels. Puis ladite boîte vous énumère les services avec leur numéro téléphonique. Votre affaire paraît relever du secrétariat général, vous composez donc son numéro. Et là, vous obtenez, comme c’est bizarre, un autre boîte vocale. Qui vous dit : « votre correspondant est momentanément occupé. Si vous souhaitez prolonger votre attente, composez le 1. Si vous désirez déposer un message vocal, composez le 2 ». Donc, vous faites le 1. Sans succès car le même message revient vingt secondes après. Après huit tentatives vous raccrochez. Un quart d’heure après vous recommencez. Vous faites le 1, une fois, deux fois... A la douzième, vous décidez de changer votre fusil d’épaule. Vous allez faire le 2 pour laisser un message. A l’instant vous ne savez pas encore si ce message sera poli et soumis, en donnant par exemple votre numéro de téléphone pour qu’on vous rappelle, et en disant bien « siou-plaît ». Ou alors, si vous allez déverser le tombereau d’injures qui commence à vous chatouiller farouchement les neurones. Tant pis, vous allez improviser. Mais non ! Vous n’improviserez pas. Car si vous faites le 2, vous obtenez ceci : « la boîte vocale appartenant à secrétariat général (NDLR : admirez la liaison) est pleine. Au revoir ».
Au revoir, madame. Et merci encore.
Et puisque le dernier maillon de cette chaîne improbable est l’agence comptable qui fait le virement en dernier ressort, vous composez son numéro. (Au point où on en est, que risque-t-on ?).
Là, c’est l’innovation. Il n’y a pas de boîte vocale ! Et personne ne répond. Rien, nada, makach bono, zob ! Tous à la plage, à défaut d’être dans la plage horaire. Et de « correspondant momentanément occupé » en « boîte vocale pleine », vous vous dites qu’on vous prend réellement pour une bille.
Voilà comment une Université de pointe que même le Turkménistan nous envie traite ses personnels. Comment qualifier : désinvolture, muflerie, incompétence, sabotage organisé, ou tout ça à la fois ?

Carolus

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  • Etre payé, est-ce utile ? 19 août 2006, par Harry (7 réponses)
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