MARDI 8 mars, palais Neptune de Toulon : réunion publique pour marquer l’ouverture du débat sur la future Ligne à Grande Vitesse. Salle comble.
Pléthore d’huiles : du préfet au président du Conseil général, en passant par le maire de Toulon et le président de l’université del sud. Sans oublier les délégués de Gênes et Barcelone, ni les représentants de la gauche varoise. Tout le monde est ravi. Le PC fait même du zèle en distribuant des tracts à l’entrée en faveur du "oui" [1].
La cérémonie pourrait donc être consensuelle... Mais il y a ces habitants de la Roquebrussane, de Vidauban, de Saint-Maximin et d’ailleurs, venus en délégation marquer leur hostilité.
Les élus de La Roquebrussane disent avoir appris l’existence du projet comme vous et moi à l’annonce du débat public, c’est-à-dire avant-hier. Ils avaient déboursé 400.000F pour élaborer le PLU de leur commune, ce plan qui organise l’occupation des sols pour les années à venir [2]. Le document risque d’être caduc avant l’heure puisqu’il n’a même pas envisagé l’hypothèse de la possibilité d’une implantation potentielle, peut-être, des rails en or de la LGV.
Falco s’énerve : « Vous refusez tout depuis trente ans, toujours les mêmes qui refusent tout ». « Nous aussi, on pouvait remplir la salle avec nos supporters ». Et aussi : « Je ferai tout pour que ça se fasse, cette LGV ! » Ce que Var matin résumera en ces termes charmants : « Hubert Falco s’est égaré avec véhémence sur la voie de l’altercation » [3].
Trois heures quinze de chahut inattendu, néanmoins fort sympathique, comment dire : méditerranéen.
[1] Ne vous méprenez pas. Même si comme tout le monde vous subissez le martèlement médiatique et avez - déjà - la tête farcie des trois lettres marquant l’approbation consensuelle à la constitution européenne, le parti communiste dit toujours "non" à l’Europe de Giscard. Il s’agit ici de dire "oui" à la Ligne à Grande Vitesse.
[2] « La loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains (S.R.U.) du 13 décembre 2000 réforme en profondeur l’approche publique de l’évolution et de l’aménagement des villes. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU), qui se substitue notamment au Plan d’Occupation des Sols, n’est pas uniquement un document d’urbanisme réglementaire : il exprime un véritable projet de ville. Il doit s’harmoniser avec le Programme Local de l’Habitat et le Plan de Déplacements Urbains, qui en sont les corollaires. »
[3] 9 mars 2005.