SANS doute traumatisés par les mouvements sociaux en cours, une floppée de parlementaires UMP déposaient le 25 juin 2003 un projet de loi visant à "instaurer l’exercice démocratique du droit de grève dans les services publics et à assurer un service minimal obligatoire". Faire en sorte que les usagers puissent continuer à utiliser les services postaux, par exemple, même lorsque les fonctionnaires de la Poste sont en grève.
Cela permettrait enfin aux honnêtes gens de la France qui bosse de ne plus être importunés par les grévistes qui glandent. Ceux-là pourraient continuer à faire mumuse entre eux sans nuire à l’économie, à l’empoi et la croissance.
Supprimer le pouvoir de nuisance de la grève sans supprimer la grève elle-même garantirait à l’Etat de substantielles économies, gagnées lors de mouvements sociaux d’importance avec le rognage systématique du salaire des tire-au-flanc, sans que la moindre revendication n’ait pour autant une chance d’aboutir. C’est très malin, c’est UMP.
Parmi les signataires de ce projet de loi salvateur, notons les noms de Philippe Vitel, Geneviève Levy, Georges Ginesta, Josette Pons et Jean-Sébastien Vialatte, ci-devant honnêtes députés du Var qui bosse.
