FRANçOIS Hollande, qui s’imagine un destin national, a visité en novembre une ville à la mesure de ses ambitions : le Luc en Provence.
Le monsieur Royal du parti socialiste désire prêter une oreille attentive aux militants, en regrettant ne pas l’avoir fait plus tôt.
On se demande bien à qui est destinée l’oreille. Car au sein du PS, avant le congrès de mai 2003, la consigne est surtout d’éviter tout débat : on risquerait de se rallier aux points de vue contestataires de l’aile gauche du parti. Les caciques n’aiment ni le NPS [1], ni les mouvements nés sur les cendres du 21 avril. Et puis, dans le cadre d’un débat, il faudrait que Hollande étende sa dialectique plus loin que lieux communs dont il est coutumier. Il faudrait qu’il donne un point de vue original. Or, le point de vue de Hollande est toujours celui de la majorité susceptible de l’élire.

Au sein de la fédération varoise, la consigne est passée. Depuis l’été, Casanova, Maranzana et Alfonsi boudent les réunions de section dans un bel élan unitaire. Ils attendent sans doute que la base la plus motivée se lasse. Nos ténors d’opérette assument leurs mandats, pour ce qu’il en reste. Ils attendent leur heure, certains depuis plus de trente ans. Ils règnent sur un champ de ruines qu’ils trouvent certainement très joli, au point de souhaiter le conserver en l’état. GS
[1] Nouveau Parti Socialiste