« LA révolution d’automne » titraient les affiches qui ont tapissé le centre Mayol durant octobre pour annoncer des promotions ou autres. On y voyait plusieurs femmes mannequins agitant des drapeaux rouges dans une ambiance de bataille (fumée, cendres sur les joues, tons sombres). C’est pas qu’on serait des nostalgiques du bolchevisme, mais on a du mal à n’y voir qu’une simple allusion. On aurait plutôt tendance à lire dans cette mise en scène : « la politique, c’est du passé ». Ou bien « la contestation, c’est ringard ». Ou encore « les seuls choix politiques qui vaillent sont les choix dans les boutiques du centre commercial ».
Mêmes réactions lorsqu’on voit, dans une pub TV, une dizaine de filles singeant des manifestants, qui disent, avec un air faussement farouche, en levant le poing, « NON ! à la transpiration ». On doit manquer d’humour mais on n’y entend que : « laisse tomber l’action collective, occupes-toi de tes odeurs ! ».
NRV