...sur lequel beaucoup d’utopistes risquent de s’empaler.
SAMEDI 14 février, la conférence L’Instrument de la Grande Espérance (l’armée française de la Libération rassemblait des hommes et des femmes venus des cinq continents) proposait, dans l’amphithéâtre de la faculté de Droit de Toulon, une rencontre avec des historiens de haute volée : Paul Gaujac, Nancy Lawler et Belkacem Recham. Cette conférence était organisée conjointement par l’Amicale du Groupe Marat, le Musée d’Art de Toulon et l’Université del Sud. Elle venait compléter l’exposition Nos Libérateurs, Toulon, août 1944 qui depuis le 8 novembre a rencontré un tel succès auprès du public, qu’elle a été prolongée jusqu’au 22 février, et que Le Monde et Libé se sont fendus d’un article chacun ; la classe !
Bref. Comme cela fut le cas déjà pour l’inauguration de l’exposition, les édiles toulonnais ont fait montre de leur savoir-vivre [1]. En ce matin du 14 février, Saint-Valentin oblige, aucun conseiller municipal ne participa à l’ouverture de la conférence. Claude-Henri Bonnet, adjoint à la culture, devait certainement être en train de dépoussiérer son théâtre à coup de plumeau issu de la dernière tenue de scène de Zizi Jeanmaire.
Le Président de l’Université del Sud, par contre, était bel et bien présent, un quart d’heure avant le début de la conf’, l’air vaguement intéressé devant les livres déposés devant lui par la librairie Gaïa et l’équipe du Musée d’Art. Puis vint le moment de l’ouverture de la conférence. Peu de monde dans les travées : une bonne soixantaine de personnes selon les manifestants ; Bruno Ravaz avait lui-même avoué à un collègue juste avant de monter en scène : « ce n’est pas le succès populaire escompté ». Son speech de bienvenue fut surprenant : Ravaz aime l’histoire, il pense qu’elle est le ciment de la citoyenneté, qu’elle est indispensable au bon fonctionnement d’une société, et patati et patata. M. le Président s’épanche encore et avoue, surprise !, que cela fait plusieurs années qu’il demande au Ministère l’ouverture du cursus d’histoire au sein de son université. Mais ces demandes sont systématiquement repoussées pour des raisons « technocratiques » qui voudraient qu’ « une licence d’histoire à Toulon n’accueillerait que 3 étudiants » et donc serait largement déficitaire en effectif. Quelle idée aussi d’être encarté UDF quand le gouvernement est UMP !
La larme à l’œil, Bruno Ravaz cède le micro à Grégoire Georges-Picot, organisateur de la rencontre. Et s’éclipse dès le début des interventions. L’histoire oui, mais pas trop tout de même.
Saint-Just

[1] Alors que l’inauguration se tenait en présence des consuls anglais et sénagalais, ainsi que d’autres personnalités d’envergure internationale, messieurs de la Mairie n’avaient pas jugé bon d’organiser autre chose qu’un « verre de l’amitié » sur lequel s’étaient jetés tels des morts de faim les photogéniques habituels de Var Matin. Puis, Hubert avait lu sa leçon d’histoire qu’un copain deuxième de la classe lui avait concoctée.