LE maire de la Garde Jean-Louis Masson ne badine pas avec la contradiction. Il traduit en justice d’abord et discute ensuite. On se souvient de l’action qu’il avait voulu engager contre un collégien, et pourquoi pas tout son collège, afin de pallier certaines carences éducatives. Il avait auparavant porté plainte contre la Marseillaise et un conseiller municipal communiste : mais le tribunal de Toulon a récemment jugé irrecevable sa plainte en diffamation concernant l’article où l’élu Joël Canapa insinuait que « ceux qui ne seront pas titularisés [à l’Hôtel de Ville gardéen], ce seront les arabes ou ceux dont on suppose qu’ils n’ont pas les mêmes opinions politiques que celles du Maire ». En attendant l’appel ?
Dans la mesure où il estime qu’à travers lui c’est sa commune qu’on assassine, l’édile peut engager un procès par jour, ça ne coûtera de l’argent qu’au contribuable (et au poursuivi).
Avant d’incorporer l’UMP de Falco, le doigt sur la couture du pantalon, le colonel de gendarmerie Masson émargeait à l’UDF. Quelle tendance ? Celle qui considère sans doute, avec d’autres bons démocrates comme Jean-Marie le Pen ou Jean-Marie le Chevallier, que le génocide principal du XXe siècle se résume à une doctrine, le communisme, et une comptabilité : 100 millions de morts. Pourquoi 100 et pas 98 ou 76 ? Parce que 100 est plus facile à retenir par les mal-comprenants. Masson est allé cherché ce chiffre dans le titre d’un pensum qu’il n’a sans doute pas lu mais dont on parle beaucoup autour de lui.
Voilà le programme des prochaines festivités gardéennes telles qu’annoncées dans le journal municipal :

Une annonce qui suggère au très remonté Canapa les commentaires suivants : « Chacun le sait. La majorité municipale de La Garde est issue, en 2001, d’une alliance honteuse avec le front National. Une hystérie anti-communiste vient de la saisir. A grands frais, plusieurs manifestations vont célébrer, entre autres, la chute du mur de Berlin mais surtout les "100 millions de morts du communisme". »
Le conseiller municipal condamne le révisionnisme qui consiste à « résumer l’histoire du 20ème siècle aux crimes commis par Staline », et à évacuer l’impact de la révolution d’Octobre sur les conquêtes sociales, la contribution des communistes français à la Libération de la France et à l’élaboration du programme du Conseil National de la Résistance, etc.
« A La Garde, contrairement à d’autres communes, le 60ème anniversaire du programme du CNR n’est pas célébré. Pas plus que lors des commémorations de la Libération, l’action héroïque des résistants ne fut saluée. [...] Notre ville rayonna pendant des décennies dans toute la région grâce à l’image de communiste humaniste de Maurice Delplace. Ramener l’idéal communiste de transformation de la société à Staline est également une insulte à celui qui fut un administrateur de la cité pendant 50 ans.
En dirigeant une ville, plusieurs options se présentent : fédérer, rassembler ses habitants autour de projets et d’ambitions communs ou bien diviser, aiguiser tout ce qui peut opposer, jeter l’anathème sur une partie de ses habitants et de son histoire. Jean Louis Masson a choisi, lui, la captation des voix de l’extrême droite. »