LE premier gouvernement Raffarin ne comportait pas de Secrétaire d’état aux personnes âgées, un oubli. C’est donc après les législatives de 2002 que Falco fut nommé à ce poste, comme tonton Maurice quelques années auparavant sous Giscard. On pensait le poste tranquille, c’était sans compter sur la météo.
Le seul dossier de ce secrétariat d’état : l’allocation personnalisée d’aide à l’autonomie (APA). Créée par les socialistes et très bien accueillie, l’allocation n’était pas complètement financée : il manquait 1,2 milliard d’euros. L’Etat et les collectivités locales ont financé 400 millions chacune, ce qui ne fait pas le compte, on a donc réajusté les critères d’attribution et les prestations.
Les personnes âgées ont par ailleurs fait les frais d’une seconde coupe budgétaire, dans le plan de remise à niveau de la qualité des soins en maison de retraite. Un plan quinquennal (900 millions d’euros sur 5 ans) avait prévu des crédits de 180 millions d’euros pour l’année 2003, seuls 80 millions ont été débloqués.
Dans une interview accordée au journal le Monde, M. Falco s’explique :
Comment expliquer, alors, cette catastrophe sanitaire ?
Notre société n’était pas préparée. Nous n’avions pas pris conscience de l’ensemble des problèmes posés par la longévité de nos concitoyens. Aujourd’hui, 1,2 million de personnes a plus de 85 ans. C’est dans cette tranche d’âge que la surmortalité liée à la canicule a été la plus forte. Or, dans 10 ans, cette population de personnes très âgées s’élèvera à 2,4 millions.
Or les moyens des structures d’hébergement et des services d’aide à domicile sont insuffisants. Près de 80 % des établissements sont en sous-effectifs, 20 % des lits sont à rénover et, en vérité, 5 % des maisons de retraite devraient être fermées. La France, c’est vrai, a pris du retard par rapport à l’Europe du Nord.
Selon le théorème Fillon qui dit que ce qui est vrai pour les retraites est vrai pour la canicule, l’argument du nombre de vieux en augmentation est en effet inoxydable pour justifier la pauvreté de la France.
Qu’avez-vous fait ?
D’abord, je n’accepte pas les critiques indécentes et déplacées de nos prédécesseurs. Qu’ont-ils fait, eux, en quinze ans et, plus particulièrement, lors de la précédente législature ? Le gouvernement Jospin, qui a bénéficié d’une croissance exceptionnelle pendant plusieurs années, a certes mis en place l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), mais il ne l’a pas financée. En 2000 et en 2001, 330 conventions tripartites (Etat, conseil général, maison de retraite), qui permettent de doter les établissements de moyens nouveaux, ont été signées sous son autorité. En 2002, 1 200 ont été signées, dont 700 au second semestre, dans des conditions budgétaires autrement difficiles. Cette année, grâce aux 80 millions d’euros supplémentaires obtenus, j’en signerai 1 800. Les professionnels du secteur s’étaient mobilisés à cette fin le 18 juin. Qu’on ne me dise pas que nous n’avons rien fait ou que nous avons défait ce que les socialistes avaient fait. Certes, c’est insuffisant, mais c’est beaucoup plus que ce qui a été fait jusqu’à maintenant.
Ou : comment une coupe budgétaire de 100 millions d’euros devient un financement de 80 millions d’euros.
Faut-il un "plan Marshall" pour les personnes âgées ?
Oui, j’y suis favorable. Il faut un programme pluriannuel d’amélioration de la prise en charge des personnes âgées en établissement comme à domicile tant en investissement qu’en fonctionnement. J’évalue le fonctionnement à au moins 250 millions d’euros par an. Il convient aussi de mettre en place une sorte de plan vermeil d’urgence et d’alerte. Une chose est sûre : il faut faire du vieillissement de notre société une grande cause nationale et provoquer une prise de conscience individuelle et collective. Je propose de le faire dans le cadre d’une grande conférence sur le vieillissement.
Vous avez la carte ? Vous aurez bientôt le plan. C’est comme cela que ça se passe à l’office du tourisme de Toulon.
A un journaliste qui lui demandait s’il comptait démissionner, Huberman a répondu : « Pour quelle raison ? Moi je suis issu d’un pays du rugby. Croyez-moi, devant l’adversité, on se serre les coudes, on pousse et on se bat et on travaille ».
Il aurait pu porter la métaphore rugbystique un peu plus loin et nous dire qu’à l’occasion, caché dans la mêlée, on ne rechigne pas au mauvais geste porté à l’adversaire, et que lorsque rien ne va plus, que l’on perd, que l’arbitre à une dent contre vous, on finit par une générale à la loyale, 15 gaillards contre 15 avec le public du stade Mayol qui scande Toulon, Toulon, Toulon ...
Quels bons souvenirs ! C’était quand le rugby club toulonnais était encore en élite 1. Mais depuis l’été 2000, le RCT stagne en élite 2 : on a beau se serrer les coudes, pousser, se battre, travailler, on n’y arrive pas forcément.

Voir aussi : Mobilisé et Préoccupé sont dans un bateau