SURTOUT si, désirant adhérer, vous déclarez soutenir les propositions de François Hollande. Sinon, ce sera un peu plus difficile. Un an après le "tremblement de terre du 21 avril", le temps ne serait plus à l’éparpillement. Et quand les postulants au Conseil fédéral du PS [1] s’affrontent, ce n’est certainement pas sur des bases idéologiques. Présentation des protagonistes.
Jean Luc Bruno, élu d’opposition au conseil municipal, éducateur et chanteur à ses heures, tient la section avec la bénédiction du ténor Marc Vuillemot. Ce dernier permit à Maurice Paul, maire communiste dont il était le premier adjoint, de se maintenir en respiration politique artificielle après l’implosion, en 1997, du PC local [2]. Depuis quelques années, le tandem respecte la fameuse stratégie varoise : "le PS laisse la Seyne au PC en échange de la réciproque à Toulon". De temps à autre, nos amis doivent avaler quelques couleuvres. Ainsi, on se souvient de la colère de Marc quand il fut question d’investir Gérard Paquet [3] aux dernières législatives. Notons que si Bruno a rejoint le manche de la motion A (Hollande) [4], Vuillemot penche plutôt du côté gauchisant de la motion E (Le nouveau Monde d’Henri Emmanuelli) aux côtés de Sylvie Guérin, célèbre aquacultrice des quartiers sud.
Patrick Martinenq est lui aussi élu d’opposition au conseil municipal, mais sur une liste spécifique ("PRESS"). Candidat sans chapelle, de tous les scrutins depuis une décennie, il recueillait régulièrement plus de 10% des suffrages exprimés, dépassant accessoirement les socialistes. Unique idée et concept : "Marepolis", projet de reconstruction économique de la ville par l’aménagement du terrain vague des anciens chantiers, transformé pour l’heure en piste de 4x4. Par ailleurs, Patrick dispose d’un solide réseau militant. Après 2001, il a pu bénéficier de quelques appuis extérieurs pour entrer au PS. A grands renforts d’adhésions (une quarantaine depuis son arrivée), ce social démocrate [5] tente une OPA sur la section au grand dam du canal historique. Martinenq, comme Bruno, a signé la motion Hollande.
Le vote préparatoire au congrès de Dijon devant départager les différentes motions donne les résultats suivants : 60 voix pour Hollande, 39 pour Emmanuelli. Certains regrettent l’entrisme assuré par Martinenq, forcément favorable au premier secrétaire libéral du PS.
L’avenir se dessine. Les dernières rumeurs envisagent le duel Martinenq / Guérin pour le poste de secrétaire de section, Bruno ayant paraît-il décidé de jeter l’éponge.
Et Montebourg, dans tout ça ? La motion C de l’animateur du Nouveau parti socialiste n’a recueilli à la Seyne que deux suffrages. Philippe Arcamone, transfuge du PC à qui l’on promettait une brillante carrière politique avant qu’il ne quitte la maison mère, a ratifié cette motion . Il est donc peut-être l’un des deux votants. Peut-être pas. Car curieusement, on retrouve son nom sur la liste des candidats au bureau fédéral derrière, cette fois-ci, la motion Hollande. Si malgré son acharnement il ne trouvait de place nulle part, rassurons-le, il paraît que l’UMP recrute.
[1] Administre les militants du département et surtout, décide des options électorales à venir (choix des listes et des candidats).
[2] En 2001, l’UMP Arthur Paecht débranchera le malade.
[3] Ex-administrateur de Châteauvallon, Centre National de Création et de Diffusion Culturelles. On lui reprochait son élitisme en matière de programmation, et quelques erreurs de gestion. Il fut éjecté en 1997 sous la pression conjuguée de la municipalité toulonnaise FN et du préfet Jean-Charles Marchiani. Paquet se trouva ainsi promu luxueux martyr de la cause culturelle. Il était parfaitement prévisible que la gauche le sollicite, dans le rôle du faire-valoir issu de la "société civile".
[4] Voir "Vote au PS toulonnais".
[5] Un social démocrate très modéré. Tellement modéré qu’il n’a pas hésité à acoquiner sa liste PRESS au RPF pasquaïen pour le second tour des dernières municipales.