PREMIER sujet sensible : le transfert de la gestion de l’Opéra vers TPM. Quand Falco entend "Toulon économise 5.6 millions d’euros au détriment de l’agglomération", il devient tout rouge. En fait, lorsqu’une commune décide de confier la gestion d’un équipement à TPM, elle évalue d’abord le coût annuel de son entretien, des investissements liés, des frais de fonctionnement. Puis, TPM déduit cette somme de la dotation de compensation attribuée à la commune [1]. Le transfert du théâtre n’échappe pas à la règle, l’évaluation est chiffrée à 5.6 millions d’euros, positif d’un côté, négatif de l’autre : parfait équilibre. Seulement voilà, en matière budgétaire, l’Opéra est un gouffre. Surtout si on lui promet un nouveau rayonnement. Les structures sont vétustes, la rénovation se fera à grands frais... Et c’est là que le propos de Falco atteint ses limites : l’agglomération assumera les développements souhaités pour l’Opéra, et la probable inflation budgétaire... Tandis que Toulon continuera de voir sa dotation de compensation annuelle grevée de 5.6 millions d’euros, point barre. Conclusion : même si le transfert peut sembler "neutre" cette année, on peut déjà anticiper la naissance d’un déséquilibre, chaque année plus important, au bénéfice exclusif de Toulon (et de l’opérette).
Autre pierre d’achoppement : la nomination de Claude-Henri Bonnet à la direction du théâtre. Comme Bonnet est adjoint à la culture, certaines mauvaises langues n’y vont pas de main morte (si on peut dire) : n’y aurait-il pas une certaine forme de gestion de fait ? Que nenni ! Bonnet est adjoint à la culture de la ville de Toulon. Or, répétons-le pour ceux qui viennent d’arriver, l’Opéra n’est plus toulonnais, il est désormais géré par TPM. Et Bonnet ne fait pas partie du conseil communautaire, l’organe administrant TPM... Donc c’est légal. Claude-Henri peut rester aux côtés d’Hubert (Hubert le maire, bien sûr, et non pas Hubert le président d’agglomération).
[1] Les villes ne sont désormais plus directement bénéficiaires de la taxe professionnelle, qu’elles obtenaient des entreprises domiciliées sur leur territoire : c’est TPM qui rafle la mise. Pour atténuer le manque à gagner, l’agglomération reverse à chaque commune une dotation de compensation.