AVOUONS que faire passer le permis sur l’aire toulonnaise n’est pas très compliqué. Il faut juste vérifier que les jeunes gens n’oublient pas les warnings, quand ils s’arrêtent brutalement au milieu de la route en triple file (les créneaux, c’est très old fashion). Pas besoin de déranger l’armée pour ça.
La maréchaussée du Var s’est donc, en ce mois de novembre contestataire, concentrée sur ses occupations habituelles. Néanmoins, l’initiative du ministre de l’intérieur nous inspire le problème suivant :
Sachant qu’un gendarme peut se substituer à un inspecteur du permis de conduire ;
Sachant qu’un gendarme porte très bien le marcel et peut conduire un camion, dès la première annonce de blocus routier ;
Sachant qu’un gendarme dispose de bottes pour la boue, et qu’il sait manoeuvrer un tracteur climatisé afin de semer des OGM, comme n’importe quel agriculteur de la FNSEA quand il n’est pas en colère ;
Sachant qu’un gendarme n’aura aucune difficulté à remplacer le retraité manifestant pour la revalorisation de sa pension, et suivre les cours de l’Université du temps libre ou nourrir les pigeons, c’est selon ;
Sachant enfin, dans l’éventualité d’une contestation enseignante, qu’un gendarme n’hésiterait pas à se vêtir d’une blouse, affichant, n’en doutons pas, tous les talents nécessaires pour coller les branleurs de la cour d’école ;
Répondez à la question suivante : qui se substituera au gendarme le jour où celui-ci plantera un piquet de grève, en protestation contre le surmenage ?