JEAN-GUY di Giorgio travaille d’arrache-pied à la propreté des rues et des espaces publics. D’après ce qui se dit dans les milieux autorisés, il serait même là dès l’aube (il est 5 heures, Toulon s’éveille) pour contrôler le démarrage des équipes de propreté ! Fier et dévoué à la cause municipale, rien ne l’arrête ! Pas même les remarques désobligeantes des services de l’Etat et de certaines associations soucieuses du respect de l’Environnement, comme nous allons le constater.
En cette veille de 15 Août, Var-Matin-coeur-fidèle se fait l’écho du travail dantesque de Jean-Guy, de ses services et de la société Bronzo, qui s’acharnent à présenter une ville propre aux touristes à l’occasion des cérémonies pour le soixantième anniversaire de la Libération.

La ville a délégué le ramassage des ordures ménagères à la société Bronzo. Cette dernière est installée sur l’ancienne décharge de Lagoubran, disparue depuis l’ouverture de l’incinérateur. Un petit moment de nostalgie pour rappeler aux toulonnais cette belle époque : quand on arrivait de Marseille par l’autoroute, on pouvait contempler un beau tas d’immondices régulièrement en feu ! Les temps ont changé. Aujourd’hui, les déchets urbains sont directement brûlés et une grande cheminée accueille le voyageur. Si c’est une avancée positive, on peut toutefois se poser quelques questions quant à l’impact des fumées sur les quartiers alentours. Nous n’aborderons pas ce vaste débat aujourd’hui, il mériterait un livre entier à lui tout seul.
Bronzo est une filiale du Groupe des Eaux de Marseille.
Cette entreprise symbolise l’entente cordiale entre la Lyonnaise et la Générale des Eaux, qui détiennent chacune 50% des parts (48,82% pour être exact). Voilà un arrangement commercial intéressant, fifty-fifty !
Bronzo « assure la collecte, et le traitement des ordures ménagères de plusieurs communes des Bouches du Rhône et du Var. Elle exploite également plusieurs déchetteries ». La société aurait pu continuer la chaîne de prestations, mais il y a le SITTOMAT qui s’en charge, syndicat intercommunal et donc service public. Une question se pose. Nous n’oserions imaginer que les travaux assurés par ces services coûtent trop cher pour intéresser une société extérieure. Les déficits à la collectivité, les bénéfices au privé : n’est-ce pas un slogan à la mode ?
Voilà plusieurs mois, un visiteur venu se recueillir au cimetière de Lagoubran gare sa voiture sur le trottoir face à la porte d’accès. Une odeur caractéristique l’interpelle. S’agit-il de la canicule ? En regardant de plus prés, il constate qu’un filet d’eau plus que douteux s’écoule depuis l’autre rive dans la rivière Neuve. Ce n’est vraisemblablement pas la pluie. En levant les yeux il aperçoit, surplombant la rivière et sagement alignés, une série de camions de ramassage des ordures labellisés Bronzo.
Plus tard, voulant en savoir davantage, il remarquera qu’une association de riverains est déjà intervenue à ce sujet.
En mars 2004, cette association a saisi par voie de courrier la ville de Toulon, la DDE [1] et différentes administrations. La DDE, en tant que police de l’eau, vient donc contrôler la société Bronzo au mois d’avril pour constater les faits. Cuverville a mis la main sur la notification adressée ensuite à la société par les services de l’Etat (fac-similé ci-dessous). Il ne s’agit pas d’un simple constat mais d’un rappel pour une mise aux normes. Extraits : « nos agents ont constaté [...d’une part] qu’une partie importante des eaux [résultant d’un lavage des bennes des camions au jet] n’est pas évacuée dans le caniveau à grille et se déverse dans la cour d’où elle rejoint le réseau pluvial aboutissant à la rivière, [et d’autre part] l’absence d’un ouvrage déshuileur débourbeur sur le réseau pluvial de votre entreprise, cet ouvrage devant assurer la dépollution du parc de stationnement et du terrain d’assiette de la station de carburant ». En termes imagés, ça donne : quand monsieur Bronzo fait pipi, il en met beaucoup en dehors de la cuvette. Conclusion : cette pollution représente un délit pénal, mais comme Bronzo a promis que le dysfonctionnement serait réglé au plus vite, on attend avant de prendre des mesures coercitives.

Parallèlement aux notifications de la DDE et deux mois après le courrier de l’association, la Ville mitonne à l’intention de celle-ci une réponse via l’adjoint concerné, le sympathique Jean-Guy. Des propos frais et rassurants comme une pluie d’été, ainsi qu’en témoigne le fac-similé ci-dessous :

Jean-Guy ignorerait-il les remarques de la DDE ? A-t-il eu la flemme d’aller voir sur place ? S’est-il contenté de l’avis de l’attaché de presse de Bronzo ?
A l’avenir, sera-t-il plus vigilant ? La cérémonie du 15 août n’est pas loin, et il s’est engagé avec ses partenaires à faire le maximum, c’est Var matin qui le dit !
Espérons toutefois que le protocole n’ait pas prévu de dépôt de gerbe sur le monument aux morts de Lagoubran : Cuverville s’est rendu sur site les 9 et 10 août derniers, et y en a toujours partout à côté de la cuvette...

[1] Direction Départementale de l’Equipement.