SOUS le gouvernement Raffarin, quand Hubert était encore un peu chiraquien avant de se convertir au sarkozysme modéré, Nicolas Ministre de l’Intérieur avait pu apprécier à sa juste mesure la politique urbaine de notre maire favori en se rendant au meeting de campagne de Renaud Muselier pour les Régionales de 2004. À cette occasion, le Ministre de la Police avait noté la fluidité du trafic automobile dans l’agglomération toulonnaise. Il avait en effet réussi à traverser la ville sans encombre, à peine accompagné de plusieurs motos et de voitures ouvreuses, suiveuses, clignotantes et hurlantes.
Les projets soumis à Nicolas Ier lors de son retour à Toulon, le 11 mars dernier, auront achevé de le séduire. Hubert ayant réussi l’exploit de se faire élire avec un meilleur score que ceux espérés à Neuilly, le Président de la République est venu au lendemain du premier tour pour parler de cuisine locale. M. Falco lui a remis un document de travail dont Cuverville a pu obtenir une copie. Cette pièce est le fruit de longues heures de réflexion des éminences grises du bureau du Maire, repris et annoté par Hubert lui-même. Un employé municipal nous a révélé cette boutade que l’on doit au premier magistrat : « ces élections, c’est chiant. Je suis nul en Meccano et je me retrouve à travailler sur comment reconstruire la France ».
Que contient donc le document ? À coup sûr une révolution dans la façon de voir notre Hexagone et la meilleure manière d’aborder les défis futurs.
une vaste zone franche pour redynamiser le Massif Central et le lancement des rencontres quadri-annuelles du saucisson pur porc ;
éclairer les Ardennes et y planter des palmiers afin que les extraterrestres apprécient les lieux et aient l’idée de venir passer quelques vacances sur les bords de la Meuse ;
créer un festival pyrotechnique dans les première et deuxième couronnes parisiennes, en collaboration avec le nouveau secrétaire d’Etat à la région Capitale ;
établir une ligne téléphonique entre Saint-Florent, Collioure et Hendaye afin de couper net les revendications indépendantistes corses, catalanes et basques ;
imaginer des jeux inter-bretons : en hiver, lancer de boulettes de fioul des bords des plages jusque sur les catamarans de la transat Jacques Vabre ; en été, lancer de boulettes d’Ulva armoricana sur les plaisanciers parisiens ;
un TGV sur pneu pour la nouvelle ligne Paris-Bordeaux, ligne qui desservirait par la même occasion Caen ;
un trolley-bus pour remplacer le Cévenol en gare Montparnasse ;
une traversée souterraine sous l’A7 pour que les vacanciers ne subissent plus les bouchons en plein cagnard et que les poids-lourds de plus de 20 tonnes puissent rouler à l’air libre ;
peindre les bandes d’arrêt d’urgence en vert afin que les vacanciers cyclistes et le Tour de France puissent emprunter les autoroutes (une fois que la traversée souterraine sera terminée) ;
une Ligne Grande Vitesse pour que les travailleurs pauvres avides d’heures supplémentaires puissent accomplir leur mission entre Toulon, Nice et Marseille (un employé de chez Casto pourra ainsi travailler le matin à La Valentine à Marseille, l’après-midi à Saint-Laurent du Var et faire l’inventaire la nuit à La Garde, le tout net d’impôt !) ;
construire un aéroport international sur la Mer de Glace afin de décongestionner la vallée de la Maurienne ;
créer des centres de loisirs pour enfants en difficulté à Feyzin, Chinon, Cadarache, ou encore Tricastin ;
poser des sculptures sur bois fabrication haut-Doubs représentant des ours des Pyrénées pour aménager les ronds-points sur l’autoroute Toulouse-Tarbes ;
refaire le dallage de la place Bellecourt à Lyon afin que Jean-Michel Aulas et les patrons lyonnais puissent bronzer sans descendre sur le bord de mer ;
créer un parcours « Citroen croisière noire » dans la banlieue de Rennes avec de vraies dunes de sable fin du Maroc ;
céder la moitié du parc du Mercantour à un promoteur privé afin d’y aménager un golf 3x18 trous en utilisant les terriers en friche des marmottes.
Avec Falco, c’est la France du 22ème centenaire qui se met en ordre de marche.